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In brief


Le liadou, un patrimoine vigneron dans la poche

20-06-2017

Plus ancien que le fameux Laguiole, il avait disparu au lendemain de la seconde guerre mondiale du fait de l'évolution des techniques viticoles.
Ce couteau fermant, de poche mais de bonne taille (12 cm), était l'authentique et inséparable compagnon des vignerons du Vallon de Marcillac dans l'Aveyron.
Il doit son nom occitan de liadou - d'«outil à lier» - à son utilisation pour fendre («perner») les branches d'osier et lier a l'échalas le rameau de la vigne pour la taille en couronne, conduite tout a fait spécifique du cépage local, le mansois.
Il servait en fait à tout, aux travaux domestiques, au casse-croûte et à table.

La lame est large (parfaite pour tartiner), pointant vers le bas (en pied de mouton), avec un tranchant quasiment rectiligne. Le manche est galbé. Le liadou s’ouvre et se ferme en deux temps, le talon de sa lame étant carré.
Après une tentative de renaissance à la coutellerie d'Albrac à Laguiole (avec manche en bois d'orgue !), il revient aujourd'hui avec l’entreprise Le Liadou du Vallon ®. Entièrement fabriqué à la main en Aveyron, garanti à vie, il est proposé avec lame en acier (Sandvik 14C28) et manche façonné dans les matériaux les plus nobles, dont le délicieusement odorant genévrier. On le trouve par exemple à Estaing, à la coutellerie de Franck Lison.

www.le-liadou.com

L'été 1868 dans le vignoble de la Crau

09-06-2017

Le poète provençal Frédéric Mistral - prix Nobel de littérature en 1904 - évoque à plusieurs reprises dans ses œuvres le "vin de Crau". Ainsi, dans Lou Tambour d'Arcolo, daté du 24 juin 1868.

La Crau est une immense plaine en triangle entre Arles, Salon-de-Provence et le golfe de Fos où l'on ne trouve plus guère de vignes aujourd'hui, à l'exception notable, sur ses franges, de l'AOP Les Baux-de-Provence et de l'IGP Alpilles. Pourtant, à la date du poème, le vignoble de la Crau comptait plusieurs milliers d'hectares. Trois semaines plus tard, le 15 juillet 1868, c'est sur une parcelle de vigne de la Crau que les savants Gaston Bazille (père du peintre Frédéric Bazille), Jules-Emile Planchon et Félix Sahut, délégués de la Société d’agriculture de l’Hérault, identifièrent le phylloxéra : c'était à Saint-Martin de Crau, sur le domaine du Château de Lagoy.
Le Château de Lagoy est, lui, situé à quelques kilomètres au nord, à Saint-Rémy de Provence sur la route d'Avignon. Remontant au Xe siècle, il a un riche passé historique et existe toujours.

Le vignoble de la Crau ne s'est pas remis du phylloxéra. Il nous reste les vers du poète.

"Avien pièi à-de-rèng begu lou vin de Crau
A la Coucourdo unenco, e pièi se dounant d'ande,
Autour de l'Aubre liberau,
Avien, ébri, dansa lou brande..."

"Puis tour à tour ils avaient bu le vin de Crau
A la gourde unitaire, et puis prenant du champ,
Autour de l'arbre libéral,
Ils avaient, ivres, dansé le branle."

 

Lire aussi Oenotourisme sur le Rhône avec Frédéric Mistral

Georges Vernay, vigneron, civilisateur

22-05-2017

Il est des vignerons qui dépassent le cadre de la viticulture et du vin pour faire œuvre de civilisation. Le visionnaire Georges Vernay, qui vient de décéder à l'âge de 92 ans, est de ceux-là.

Il a forgé les pentes héroïques d'un paysage : le Coteau de Vernon et les Chaillées de l'enfer appartiennent aujourd'hui à la scène internationale. Il a ressuscité le cépage viognier, établi sa notoriété mondiale, suscité une descendance planétaire. Vigneron et vinificateur hors pair, il a restauré les liens historiques des hommes avec l'un de leurs plus beaux terroirs, et porté au sommet l'élégance pure de l’appellation condrieu. Il a su aussi transmettre le magnifique flambeau de son exigence.

Que nos vignobles se partagent cet héritage, cette leçon : nos fiertés locales ont une puissance universelle.

www.domaine-georges-vernay.fr

La renaissance des vignobles disparus

09-05-2017

On vient de le constater une fois de plus, l’histoire n’est pas écrite d’avance
Or, l’histoire de la viticulture française n’est pas un long fleuve tranquille. Le dernier livre de Robert Chapuis, La renaissance d’anciens vignobles français disparus rappelle d’abord, de cette histoire, les bouleversements successifs, parfois violents, souvent inscrits dans la durée, dont notre période volontiers peu cultivée cultive peu la mémoire…

L’épopée de la vigne raconte les octrois et la Révolution, la surproduction et la mévente, les canaux et la voie ferrée, les guerres et les règlements de compte politiques, les pélerinages et les sites industriels, les découvertes et les oublis, le phylloxéra et les échanges internationaux, les coupages et l’origine contrôlée… Au fil de ces séismes, les vignobles de toute taille s’abolissent ou s’annoblissent, disparaissent ou reparaissent.
Le géographe Robert Chapuis a de l’ampleur dans sa vision. Il a collaboré en 2015 à Atlas, Vignes, vins et vignerons dans la mondialisation, et publié en 2013 Vignobles du Doubs et de Haute-Saône.

Il raconte dans cet ouvrage, associant la perspicacité géo-historique et la narration concrète des expériences humaines, comment depuis les années d’après-guerre renaissent des vignobles qui autrefois considérables, ou considérés, disparurent…

N'abandonnez pas !

Cette vaste fresque couvre toutes les régions. Sait-on qu’en 1760 le vignoble de Domme (eh oui… où est-ce ? Un vignoble peut en cacher un autre…) était aussi grand que celui de Bergerac ? Imagine-t-on le monde du vin sans Condrieu et le viognier, ce qui a failli bel et bien arriver ? Remerciera-t-on assez tel pilote alsacien atterri par hasard à Cahors pour la renaissance du vignoble cadurcien ? N’est-il pas compréhensible que Philippe le Bel ait possédé des vignes en Saint-Pourçain ? Se représente-t-on un vignoble sur la montagne Sainte-Geneviève, à Paris ?
On renoue ainsi avec la grande histoire, mais aussi avec celle de la viticulture, et bien des choses s’éclairent. On méconnait trop l’ampleur de la fortune vigneronne qui dura presqu’un siècle – entre 1789 et 1870. Entre la Révolution et le phylloxéra, la Grande Guerre et les voies ferrées. La moindre surprise n’est pas cette incroyable capacité sur les mêmes terroirs à faire – en fonction des demandes du marché - des breuvages exécrables ou des vins de grande qualité.

Voilà donc un livre de chevet pour vérifier sans cesse que la roue de la fortune tourne aussi pour les vignobles, dans un sens, ou dans l’autre. C’est aussi un message d’espoir pour les vignerons de la renaissance des vignobles qui se lancent dans l’aventure. N’abandonnez pas !

La renaissance d'anciens vignobles français disparus
Robert Chapuis
2016, Paris, L’Harmattan, 300 p., 33 €

www.robert-chapuis-geographe.org

Embouteillage de balades oenotouristiques

27-04-2017

Décidément, le Languedoc-Roussillon s’affirme comme le royaume de la balade oenotouristique, celle qui allie promenade, dégustation de vin, gastronomie et animations…

De mai à juillet, il faudra choisir - oui, de nombreuses balades tombent aux mêmes dates - entre la Balade Gastronomique Aux Grés de Montpellier (14 mai) ; Vins, vignes et terroirs à Cabrières ou en Picpoul de Pinet (20 mai), à Pezenas, Saint Saturnin, Sommières (21 mai) ; les Sentiers Gourmands en Clape vigneronne (21 mai) ; les Vignes Toquées en Costières de Nimes (21 mai) ; les Vignes Buissonnières en Pic Saint Loup (10 & 11 juin) ; la Balade Gourmande en St Jean de Minervois (4 juin) ; les Camins de Boutenac (24 juin) ; la Circulade vigneronne en Terrasses du Larzac (1er juillet).

De mai à septembre, l'association Roots 66 en Fenouillèdes propose une trentaine de balade et dégustation dans les vignes. Première date : le 12 mai au domaine de l'Ausseil à Latour de France. De mai à septembre aussi, les Balades Vigneronnes du Pays du Pont du Gard : elles débuteront au domaine Valériane de Domazan et s’achèveront en septembre aux vignobles David à Saint-Hilaire-d’Ozilhan.

Selon les prestations et le style, les prix évoluent entre 10 € et 75 €.

Cahors bien exposé

24-04-2017

Avec l’exposition « Caves & Sarments », le patrimoine du vignoble de Cahors sort des caves. Outils, bâtis, témoignages et photos sont rassemblés pour retracer deux siècles d'histoire mouvementée du vignoble de Cahors. L’exposition est due aux étudiants du Master Patrimoine de Cahors ; elle est accompagnée d’un livret sur le patrimoine architectural et l’outillage viticole lotois de 1800 à nos jours.
Patrice Foissac, historien et président de la Société des Etudes du Lot (SEL), à l'initiative d'un travail de réactualisation de l'histoire du vin de Cahors débarrassée de la mythologie a été mis à contribution. Sa démarche, grâce à Jérémy Arnaud, directeur marketing de l'Union Interprofessionnelle du Vin de Cahors, donnera lieu prochainement à la publication d'un ouvrage scientifique de référence.

Du 26 avril au 10 juillet 2017 - Centre universitaire de Cahors (avenue Henri-Martin)
https://projetpatrimoine.wordpress.com/category/notre-projet/

Lire aussi
Quelques éclairages sur l’étonnant passé viticole de cette cité patrimoine Unesco
http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/2154_qu_est_ce_qu_une_visite_oenoculturelle.htm

10 ans pour le Prix René Renou

20-04-2017

Le Prix René Renou, dont Winetourisminfrance.com est partenaire, sera remis en 2017 pour la 10e année consécutive !

L’Association Nationale des Elus de la Vigne et du Vin (ANEV) et ses partenaires ont créé ce prix en hommage au vigneron et ancien président du Comité Vins de l’INAO. Il récompense la collectivité « ayant le mieux oeuvré, au cours de l’année écoulée, pour la défense et la promotion du patrimoine culturel lié à la viticulture ». Est admise la candidature de toute commune, communauté de communes, département ou région française ayant réalisé un projet autour du vin d’ordre éducatif, environnemental ou oenotouristique ayant valeur d’exemple et de reproductibilité par d’autres collectivités.

La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 30 juin 2017. Règlement complet est ligne sur : www.elusduvin.org

Depuis 2008, les lauréats ont été la Ville de Grenoble et le Festival « Le Millésime » ; la Communauté d’Agglomération Nîmes Métropole et La Charte Paysagère des Costières de Nîmes ; le département de l’Ain et le Concours des 7 ceps – route des vins du Mont Blanc ; la Commune de Cairanne (84) pour sa Vigne pédagogique ; la Commune de Marciac (32) pour Jazz in Marciac ; Saumur Agglo (49) pour Festivini et les Grandes Tablées du Saumur-Champigny ; le Département de l’Hérault (34) pour sa politique viticole ; la Communauté de Communes des Coteaux du Layon (49) pour le Musée de la vigne et du vin d’Anjou ; et l’année dernière le Conseil Départemental de Moselle (57) pour la Fête des vins de Moselle .

Gustave Courbet, saint patron des vignerons

19-04-2017

Le jeune vigneron inspiré sur le tableau, c'est Gustave Courbet !
Ce portrait (1835, Musée Gustave Courbet) est de Claude-Antoine Beau, professeur de dessin de Courbet, qui a alors 18 ans.
Courbet est représenté en saint Vernier... Tout y est : la serpe, la vigne, les guêtres, et (comme le dieu gaulois Sucellus) le barleu (petit tonneau "de soif") et le chien...

Parmi les saints patrons protecteurs de la vigne, il ne faut pas oublier saint Vernier ! Ce Werner von Oberwesel, fils de vigneron du Rhin allemand, fut à l'origine de nombreux miracles après son martyr à la fin du XIIIe siècle, et son culte s'est propagé en Bourgogne, en Franche-Comté, et, sous le nom de saint Verny, en Auvergne.
On voit par exemple apparaître des confréries qui lui sont dédiées en 1494 à Semur-en-Auxois, à Besançon en 1548, à Arbois en 1627, à Brioude en 1672, à Clermont-Ferrand en 1675... Dans le Puy de Dôme, aujourd'hui, on dénombre environ 70 statues de Saint Verny.

Sa fête est en principe le 19 avril, comme Werner d'Oberwesel, mais elle a varié : en même temps que la Saint Vincent en janvier, ou le dimanche qui suivait le 20 mai...
La date du 19 avril était souvent retenue pour prier contre les gelées printanières... et si on n'obtenait pas satisfaction du saint, on le ridiculisait en lui enlevant son chapeau, on tournait sa statue contre le mur ou on l'immergeait dans l'eau glacée...

Si le 19 avril, on lui parle respectueusement,
Des vignes, saint Vernier, la gelée écartera.
Aussi de sa serpette gaiement vendangera.

(Proverbe jurassien)

Les dix ans de Malepère

08-04-2017

L’appellation Malepère, la plus occidentale des appellations du Languedoc fête ses dix ans avec plusieurs événements. La Fête de la Truffe d’été se déroulera le 24 juin à Roullens. En juillet et août, chaque jeudi, Malepère ouvrira de deux à quatre de ses domaines au grand public pour un after work ou un apéro estival (de 17h à 22h).

De bonnes occasions pour découvrir les cépages tout à la fois atlantiques (cabernet, merlot, malbec) et méditerranéens (cinsault, grenache) de l’AOC, ainsi que les 3 caves coopératives et 17 caves particulières de ce vignoble méconnu situé entre le canal du Midi et l’Aude sur le pourtour du massif de la Malepère.

En savoir plus : www.vins-malepere.com

Innovation Oenotourisme & Packaging

08-04-2017

Le mardi 16 mai, à l'Institut des Sciences de la Vigne (Villenave-d'Ornon), Inno’vin consacre l’une de ses Matinées Innovation à l’oenotourisme et au packaging. Les premières heures sont consacrées à l’oenotourisme avec au programme (de 8 h 30 à 11 h 00) :

L’oenotourisme : quelles implications pour les territoires et les vignerons ? (Jean-Louis Yengué, Université de Tours) ; Les attentes des oenotouristes : la France vs Australie (Tatiana Bouzdine, KEDGE) ; Futur Atlas du vignoble bordelais : présentation et focus (Raphael Schirmer, Université de Bordeaux) ; L'expérience de visite à la Cite du Vin : implications pour l'oenotourisme (Frédéric Ponsignon, KEDGE) ; et une table-ronde avec Estelle de Pins, Wine Tour Booking - Christophe Château, CIVB - Catherine Leparmentier, Great Capital Network - Evelyne Resnick, RESMO.

Informations : http://innovin.fr/index.php/fr/medias/toutes-les-actus/738-matinee-innovation-oenotourisme-packaging

Oenotourisme effervescent en Aveyron

14-03-2017

Voilà un salon qui a de la suite dans les idées !
Le week-end des 3 et 4 juin, ce sera la deuxième édition du Salon des Vins Pétillants.

Il se déroule à Estaing (Aveyron), aura comme l’année dernière sa soirée de gala (« Saveurs à l’Italienne et Caprices de Diva »), et s’adjoint aujourd'hui l’Ordre de la Dive Bouteille de Gaillac.
Autre nouveauté, un concours, « Le Muselet d’Or », ouvert aux artistes peintres, photographes ou sculpteurs autour du thème Vins & Vignes en Lumières !

Encore cinq raisons pour venir découvrir ce salon ? Aiguiser vos papilles ; flirter avec l’innovation et l’audace ; papoter avec des vignerons dénichés pour leur savoir-faire d’exception ; découvrir un salon convivial hors du temps ; rencontrer Estaing, un village amoureux du vin et des arts, son château médiéval et son pont gothique classé au patrimoine de l’Unesco.

Prix d’entrée au salon : 5€ avec une flûte offerte - Participation modique des vignerons : 160 €
Winetourisminfrance.com est partenaire du Salon.

Contact : Catherine Jouvin Sénéjean jouvinsenejean.c@wanadoo.fr
www.facebook.com/salondesvinspetillants

Enrichissement et oenotourisme

09-03-2017

Les sociologues Luc Boltanski et Arnaud Esquerre mettent en lumière dans leur dernier ouvrage une mutation profonde de l'Europe de l'ouest - après notre sortie de l'âge industriel, et au-delà de notre présence dans l'économie financière - notre entrée dans une nouvelle sphère de création de richesse économique.

Nous avons basculé - depuis la décennie 1975-1985 - dans une "économie de l'enrichissement". De quoi s'agit-il ? D'une économie qui tire sa substance du passé, qui repose sur l'exploitation du passé. Une "exploitation beaucoup plus intensive que cela n'avait été jusque-là le cas de gisements spécifiques formés de dépôts accumulés au cours du temps et dont la narrativité constitue un mode privilégié de valorisation."

Qui exploite ces gisements ? Les auteurs citent les domaines du luxe (dont le luxe alimentaire), des activités culturelles, du commerce de l'art, de la patrimonialisation (de sites immobiliers, de produits de terroir, de sites, territoires et paysages) et du tourisme, notamment du tourisme culturel.

Les vignobles, bassins d'enrichissement

L'oenotourisme s'insère dans ce courant de civilisation et se situe - notamment pour un développement territorial - à la confluence du luxe alimentaire, du tourisme gastronomique, et de la patrimonialisation "qui profite des effets d'enrichissement historique de sites, de terroirs, de villes, associés à des traditions alimentaires".

Chaque vignoble est à même d'être selon l'expression des auteurs un "bassin d'enrichissement" dont la force mémorielle peut être mise en valeur au travers de narrations...

Un ouvrage dont la complexité se laisse lire, qui fera date, et donne donc ce mot d'ordre : "Vignobles, enrichissez-vous !"

 

Enrichissement
Une critique de la marchandise

Luc Boltanski, Arnaud Esquerre
NRF Essais
Gallimard - 29 €

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