In brief

Les tonneaux perdus

24-02-2018

On connaît les amphores et on suit, grâce à toutes celles, innombrables, que l'on retrouve sur terre, dans les fleuves et en mer, les échanges commerciaux en matière de vin dans l'Antiquité.

L'intérêt se porte aujourd'hui sur des contenants auxquels l'histoire - ou plus simplement le temps - laisse peu de chances de survie, même à l'état de débris ou de vestiges. Il s'agit des outres, dont l'usage en Méditerranée et dans les régions d'altitude (Cévennes, Savoie...) est avéré jusqu'au début du XXe siècle. Il s'agit aussi des tonneaux dont l'invention étrusque ou alpine semble dater du VIe siècle avant notre ère. Entièrement en bois, ils furent rapidement détruits par les insectes xylophages, sauf certains utilisés en réemploi comme cuvelage de puits et aujourd'hui retrouvés. En l'absence de trace, il faut faire usage de méthodes de détective, d'esprit de déduction, d'une érudition à toute épreuve, d'intuition. Il ne faut pas hésiter à faire appel aux détails les plus infimes des textes latins et aux spécialistes les plus experts. Il faut se poser les questions les plus concrètes et imaginer de manière argumentée le contexte réel de l'époque.

C'est le travail de l'archéologue David Djaoui tel qu'il l'expliquait lors d'une conférence donnée le 23 février au Musée de l'Arles antique. De cruche d'échantillon de vin en pipette de terre cuite, de bas-relief de sarcophage en inscription, ses enquêtes révèlent, malgré l'absence physique de restes de tonneaux, les flux colossaux de vin acheminés dans ces contenants dans l'empire romain.
Archéologue-plongeur au Musée Départemental Arles Antique, David Djaoui est bien placé, dans le delta du Rhône et sur ce qui fût un port majeur de Rome, pour lever le voile sur les tonneaux perdus du commerce antique de vin.

A suivre !

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