In brief

La via Francigena, itinéraire œnotouristique

06-08-2019

L’empire romain avait déjà une voie pour joindre Rome à la mer du Nord. Pratiquée au Moyen Âge notamment comme voie de pèlerinage pour les « roumieux » en route pour Saint-Pierre-de-Rome - et plus anciennement attestée que le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle - elle porta le nom de via Romea, Francana puis Francigena.

Longue de 1 800 km elle relie l’Angleterre, la France, la Suisse et l’Italie. Elle a trouvé sa refondation dans le voyage que fit en 990 Sigéric, pour se rendre à Rome auprès du Pape Jean XV et recevoir de ses mains le pallium, symbole de sa nomination d’archevêque de Canterbury. Sigéric a laissé la plus ancienne description de la via Francigena, d’un de ses itinéraires du moins puisque tous les chemins mènent à Rome et qu’il existe quelques variantes.

La via Francigena – par définition transfrontalière - est reconnue par le Conseil de l'Europe comme « itinéraire culturel du Conseil de l'Europe ». Elle travaille à l’heure actuelle sur le dossier de candidature au patrimoine UNESCO, action on s’en doute de longue haleine qui s’accompagne de valorisations patrimoniales, artistiques, théâtrales…

Le renouveau de la via Francigena est aujourd’hui en route. Elle cherche ses bénévoles, ses animateurs, ses ambassadeurs et… ses vignerons ! En effet, aux nombreux patrimoines, paysagers, civils, militaires et religieux de la via Francigena, il convient d’ajouter les patrimoines œnoculturels.

La via Francigena parcourt tout au long de son trajet bien des vignobles. Des célèbres, puisqu’elle passe par la Champagne (Reims, Châlons-en-Champagne, Bar-sur-Aube), et le patrimoine mondial des « Coteaux, Maisons et Caves de Champagne ». Elle fut sans doute suivie par les marchands qui se rendaient aux célèbres foires de Champagne. Des vignes moins connues aussi : entre Langres et Besançon, elle croise le vignoble de Champlitte (www.les-coteaux-de-champlitte.fr) développé par les évêchés de Langres et de Dijon ; en Haute-Saône, les vignes de Charcenne et de Gy (implantées grâce aux archevêques de Besançon) ; à Besançon même le néo-vignoble recréé par la Ville sur les bords du Doubs, à Velotte. Signalons à ce propos la publication récente par le géographe Robert Chapuis de l’ouvrage Besançon, un vignoble millénaire qui fait suite à sa publication sur les vignobles du Doubs et de la Haute-Saône. Enfin, à l’approche de Pontarlier, elle n’est pas très loin du vignoble du Jura.

Elle traverse ensuite les vignobles suisses du canton de Vaud et du Valais. On peut rappeler que c’est la via Francigena qu’ont empruntée les mercenaires suisses appelés par le pape Jules II pour créer la Garde suisse en 1506. En Italie, la via Francigena passe par les vignobles du Val d’Aoste, du Piémont, de Toscane et du Latium.

Pages à consulter :
http://charlesmyber.over-blog.com/tag/via%20francigena/
https://www.viefrancigene.org
https://www.facebook.com/LaViaFrancigenaEnFrance

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