Il y a des histoires géologiques dans mon vin

Article from 07-04-2014

Nous avons besoin qu’on nous raconte des histoires.

C’est la raison pour laquelle nous allons au cinéma, lisons des livres, et voyageons, de plus en plus nombreux, sur les routes des vins.

Le monde du vin est rempli d’histoires qu’on ne sait pas toujours raconter. Or ces histoires aident à comprendre nos vins, nos vignes, notre passé parfois récent, parfois très lointain, nos terroirs, notre culture

Le vin conteur

Elles peuvent servir à écrire des documentations, à créer des cuvées, à enrichir les visites que les entrepreneurs culturels de l’oenotourisme offrent aux voyageurs, à animer les musées oenologiques, à dessiner les sentiers vignerons et à donner leurs couleurs aux fêtes du vin…

Ces histoires, parce qu’elles sont originales, distinguent les vignes et les vins les uns des autres. Et ce n’est pas rien, d’être original. L’originalité permet de créer l’attention, de retenir l’intérêt, de marquer les esprits, et de laisser un souvenir durable.

Où les trouve-t-on, ces histoires ? Dans le grand livre du vin… dans tous ses chapitres : géologie, géographie, botanique, viticulture, littérature, architecture, arts, traditions…

L’exemple de la géologie

Prenons la géologie des vignobles, par exemple. Qu’a-t-elle à nous dire ?

Bien sûr, il faut un peu de savoir-faire pour raconter l’histoire passionnante de la planète.

On a vite fait de se perdre dans ces centaines et dizaines de millions d’années, et il faudra par exemple le langage imagé de l’oeno-géologue Georges Truc (photo) pour comprendre l’archivage de l’histoire par le sol, les mille-feuilles de sédiments entassés sur des kilomètres de haut, les changements de géologie dus aux changements climatiques, les failles, les surrections…

Mais la géologie des vignobles offre mille histoires surprenantes.

Grâce à elles, on pourra comprendre les conséquences des sous-sols sur le choix et l’expression des divers cépages.

On lira, sur un sentier vigneron, à leur couleur, à leur apparence, l’origine des paysages.

On organisera des dégustations comparatives pour déceler les caractéristiques organoleptiques propres aux diverses géologies ou à certaines roches. Certaines cuvées arborent déjà le nom de roches significatives : Gabbro, Amphibolite, Grès, Gypse, Silex, Basalte, Expression de Gneiss...

Pas si blaireau que ça...

Ces histoires pourront aussi être mises en scène. On en trouve des exemples parfois simples (échantillons de roches, plans, schémas…), parfois plus élaborés.

Ce sera un film pour Néovinum à Ruoms (photo). A Sancerre, c’est un spectacle de 8 minutes sur un plan en relief qui est présenté par la Maison des Vins. Et il n’y a aucune limite à l’imagination…

Les héritages géologiques – comme les autres patrimoines vitivinicoles - peuvent donc être réellement valorisés et servir à créer des prestations oenotouristiques.

La toponymie elle-même, les noms de lieux, raconte la nature des sols. Ainsi, les teyssonières fréquentées par les blaireaux (les teyssons), sont-elles des sols meubles de sables et de safres.

Les blaireaux ne se fatiguent pas à creuser des sols durs…

 

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