Oenotourisme autour d’Ancenis

Article from 07-06-2015

Difficile d’imaginer, du haut du riche château médiéval d’Oudon, en regardant la Loire au-delà de son petit affluent le Hâvre, le trafic incessant des trains de bateaux descendant le courant, ou le remontant péniblement à la voile sous le vent d’ouest, parfois avec un retard tel que les vins finissaient en vinaigre en arrivant à Orléans
Pourtant la Loire était bien durant des siècles la seule voie de transport, et les bateaux se bousculaient aux poteaux du péage fluvial dressés en travers du fleuve.

Difficile aussi de penser que ces rives sereines furent l’objet de razzias vikings, puis marquèrent une frontière longtemps disputée entre la Bretagne et la France.
Ces histoires, il est possible de se les faire raconter en prenant, en face, à Champtoceaux, le bateau « La Luce ».

Aujourd’hui, les Coteaux d'Ancenis ne connaissent pas de frontière : ils sont en Loire-Atlantique (rive droite) et en Maine-et-Loire (rive gauche). Appellation récente (2011), elle joue sur les trois couleurs, avec comme cépages le Pinot, le Gamay, le Cabernet, le Chenin et l’original Pinot Gris appelé ici Malvoisie, un blanc légèrement moelleux.

Le territoire est aussi éligible à l’appellation Muscadet Coteaux-de-Loire, éventuellement élevé sur lie
(cépage Melon de Bourgogne).

Le port d’Ancenis, à 20 km de la barrière d’Ingrandes, mais en aval, évitait sous l'ancien régime les taxes. Il était moins coûteux d’exporter des vins en aval d’Ingrandes qu’en amont. Tant pis pour les vignes d’Anjou et de Touraine...

Le domaine des Génaudières, tout proche du Château de Clermont qui fût celui de Louis de Funès, est exploité par la même famille depuis 1635. Le point de vue sur la Loire, depuis une parcelle aux affleurements de schiste est magnifique ; une petite pente vendangée à la main a pu conserver ses piquets d’ardoise.
Le panorama sur les vins d’Ancenis vaut également le détour, et on comprend que le domaine soit aujourd’hui certifié HVE (Haute Valeur Environnementale).

Le bio est une bonne tendance de l’appellation. Tout récemment, l’association « Pinards et Jus des Coteaux d'Ancenis », qui regroupe des vignerons bios (certifiés ou pas), a descendu la Loire en touée, le bateau traditionnel.
Le Planti du Roty, les Chants Jumeaux, Landron-Chartier, la Paonnerie, Johann Chassé, le Raisin à Plume et Philippe Chevarin ont ainsi fait déguster leurs vins à Nantes. Mais le vignoble d’Ancenis fait partie de ceux où l’on peut facilement rencontrer les vignerons sur leurs terres (il est toujours plus sympathique de prendre rendez-vous).

La Maison des vins d’Ancenis, installée sur le front de Loire et animée par Maxime Daviet, propose 800 références, toutes au verre, toutes à température.
C’est une société commerciale ; elle a cependant passé un accord avec les vignerons d’Ancenis pour assurer la mission de la précédente Maison animée par l’emblématique Joseph Toublanc : faire déguster gratuitement les vins de l’appellation, et les proposer à un tarif légèrement supérieur à celui du domaine (20 centimes d’euros par bouteille) pour inciter les oenotouristes à se déplacer dans le vignoble.

La Maison, ouverte sept jours sur sept et de 10 h à 21 h (22 h le samedi), propose, éventuellement sur la large terrasse, des assiettes. Les bouteilles sont servies avec un droit de bouchon de 10 euros.

Non loin, sur l’esplanade, la statue de Du Bellay contemple de l’autre côté de la Loire son village natal, Liré, rêvant sans doute d’un verre de Coteaux d’Ancenis rosé du Domaine de la Pléïade…

La commune du Cellier témoigne assez par son nom de son histoire viticole (du latin cellarium), et on s’étonne d'apprendre que Claude Evin y est né…

Autre porte d’entrée du vignoble, le restaurant du Clos du Cellier. Il le signale d’emblée puisque l’entrée se fait par la pièce où nous attendent les bouteilles !
Cette table est extraordinaire d’inventivité et de subtilité : maîtrise des cuissons, justesse des équilibres, beauté des assiettes sans parler d'une sauce nantaise parfaite et du pain fait maison...
La famille Ciesielski – Arnaud en salle, Nathalie et leur fils Alexandre en cuisine – aime à surprendre et à faire découvrir les vins et beaux produits qu’ils aiment. Les clients ne s’y trompent pas qui encensent Le Clos du Cellier sur les réseaux sociaux en attendant que les guides lui accordent la distinction particulière qu’il mérite.
L’établissement, qui vient de créer une salle de séminaire, donne sur une jolie place, très méridionale sous son pin parasol, et l’addition complète le tableau amical et ensoleillé.

Pour se reposer, l’option du Château Cop-Choux, à Mouzeil, présente plusieurs avantages. L’accueil de Patrick et Frédéric y est excellent. Les chambres sont vastes et décorées avec esprit. La table d’hôtes est réellement délicieuse et bien accompagnée par les vins du Domaine Pierre Guindon.

Le parc de 18 hectares de ce château du XVIIIème siècle offre bien des découvertes, comme un magnifique four à chaux (qui a donné son nom au lieu), une vigne, une petite cave de vinification, une piscine, des étangs et… des rochers dont on dit qu’ils furent lancés par des fées locales…

Celles qui se sont penchées sur les vignes d'Ancenis ont eu, quant à elles, la gentillesse de nous offrir de bien agréables portes d'entrée oenotouristiques...

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