Oenotourisme en Brionnais

Article from 21-12-2015

Le Brionnais, à l’extrême sud-ouest de la Bourgogne, est connu pour ses jolis paysages préservés de bocage, ses églises romanes qui forment un circuit entre Paray-le-Monial et Charlieu, et ses bœufs blancs de la race charolaise.

Mais le Brionnais, sur les petites communes de Mailly, Iguerande, Saint-Julien-de-Jonzy, Fleury-la-Montagne, Saint-Bonnet-de-Cray, Saint-Nizier-sous-Charlieu… était aussi, « dans le temps », couvert de vignes.

Les cuvages et les porches des fermes adaptés aux charrettes vigneronnes, les cadoles, la toponymie, une statue de Notre-Dame des Vignes, des timbres-poste de vignes… témoignent de ce passé viticole.

Les vins étaient vendus à la pièce dans les cafés ou expédiés par gabarre sur la Loire depuis Pouilly-sous-Charlieu ou Iguerande.

En 1900 on dénombrait encore 3.000 hectares de vignes. Pourtant, le phylloxéra était déjà passé par là, mais des hybrides avaient été plantés ; c’est ici que naquirent certains hybrides de Chardonnay - le Ravat 6 - ou de Gamay - le Florental.

Le chemin de fer et la guerre de 14 suivirent. Les vaches de race charolaise remplacèrent les vignes... Les aides à l'arrachage firent le reste.

Les coteaux du Brionnais présentent pourtant un bel éventail de vallons, d’amphithéâtres, de collines qui prêtent leurs flancs aux bonnes expositions, et de sols, dont les calcaires et marnes du Toarcien (au Jurassique) riches en fossiles ou en silex…

Les géologues ont d’ailleurs noté que certaines des meilleures terres à vignes sont aussi les plus adaptées pour les Charolaises : en somme, des grands crus pour les vins et pour les viandes...

C’est une des terres de France qui laisse à penser que certains vignobles ont été abandonnés à tort. Qu’ils sont gaspillés. Des vignobles à côté desquels la viticulture est passée…

Heureusement, depuis quelques années, une demi-poignée de nouveaux vignerons - tous en bio - est partie à la reconquête - modeste - des meilleurs coteaux.

Pierre Mordant est le plus jeune, en cours d’installation. Le Domaine des Renaissances a, lui, été créé en 2011, en bio, sur trois parcelles plantées avec des Chardonnay et Gamays tout en équilibre et en gourmandise. Le vigneron, c’est Patrick Boué. La vigneronne, Brigitte, est géologue, oenologue et spécialisée en environnement. Le fils, Arnaud, ingénieur agronome et œnologue, est responsable de l’exploitation.

Jean-Claude Berthillot est le pionnier du Brionnais, et il écrit l’histoire depuis 1990. Il a créé le Domaine du Vin des fossiles, trouvé les bonnes parcelles, bâti sa cave.

Il élabore plus d’une douzaine de cuvées. D’abord parce que ses parcelles sont nombreuses, et enracinées dans différents terroirs. Ensuite parce qu’il cultive six cépages différents : des Auxerrois frais, des Fié gris (Sauvignon gris) floraux, des Chardonnays pleins, des Pinots gris élégants, des Pinots noirs de caractère et de velours, et du Gamay qui inciterait certain Philippe à se dédire hardiment.

Sa cave est ouverte tous les jours sur rendez-vous, et chaque année, pour le week-end de la Pentecôte, Jean-Claude Berthillot organise trois jours de Portes Ouvertes.

 

Des terroirs historiques, des vignerons passionnés, l’avenir est en train de s’écrire dans le Brionnais.

Et on peut trahir un secret : ce n’est pas l’envie d’expérimenter de nouvelles parcelles ou de tenter d’anciens cépages qui manque…

 

Vin des Fossiles, 03 85 84 01 23, www.vindesfossiles.com
Domaine des Renaissances, 04 77 69 01 43, www.vindepaysbrionnais.com

Bonne table
Le Relais à Saint-Julien de Jonzy
http://hotel-restaurant-relais-st-julien.com
L’Entrecôte brionnaise à Semur-en-Brionnais
www.entrecotebrionnaise.com/

Bon lit
La Vie en Rose, à Iguerande : www.la-vie-en-roses.fr

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