Brèves


Le vin, un alcool comme les autres

26-10-2018

Chaque jour, le vin subit des attaques, en ce moment même, par exemple, coordonnées au niveau européen par le lobby Eurocare.

Chaque jour, les mondes de la vigne, du vin et de l'oenotourisme manquent - à quelques valeureuses exceptions près - à leur responsabilité, celle de se battre pour ce qu'est réellement le vin : un patrimoine culturel.

Et, bien évidemment, un patrimoine culturel en péril. Comme tous les autres.

La culture générale de la civilisation du vin ? Inconnue. Les luttes pour faire reconnaître et protéger ses patrimoines ? Nulles (comme en Bourgogne ou les éoliennes vont l'emporter sur le patrimoine UNESCO des Climats). La mise en évidence de ses paysages magiques ? Faiblarde. L'exaltation de ses architectures inventives ? Souffreteuse. Ses traditions humaines et ses innovations ? Obscurcies. Les richesses œnoculturelles des vignobles ? Non valorisées. Les récits et anecdotes significatives pour les touristes et amateurs qui en sont gourmands ? Non écrits. Les grands hommes de la vigne et du vin ? Absents au bataillon. Les épopées de la géologie, du phylloxéra, du chemin de fer, de la coopération, du bio..? Succinctes. Les identités géohistoriques des vignobles ? Les quoi ?

Si le vin est une boisson comme les autres, c'est un alcool comme les autres. Haro !

(Illustration : Lycurgue, contempteur de Dionysos, frappé de folie par le dieu et ligoté par la vigne - Musée gallo-romain de Saint-Romain-en Gal, Vienne)

Voir aussi Le vin est-il un objet post-moderne ?
http://www.winetourisminfrance.com/fr/breves/1951_le_vin_est_il_un_objet_post_moderne.htm

Totems pour l’oenotourisme

12-07-2018

Un support clé en main pour animer les domaines viticoles et les événements œnotouristiques, c’est ce que propose Vinumondo, et ce, en trois totems.
Avec chacun leurs trois faces, ils offrent neuf panneaux d’une hauteur de 2 mètres offrant aux visiteurs toute l’information nécessaire à découvrir et apprécier les vins qui leur sont proposés à la dégustation.

Les panneaux - disponibles à la vente ou à la location - abordent de manière synthétique, visuelle et ludopédagogique trois thèmes-clés : Du sol à la vendange, Du pressoir à la bouteille, L’art de la dégustation. D’autres totems peuvent être élaborés en de multiples langues, sur des thèmes plus spécifiques ou propres au domaine viticole.

Elodie Bessé, la créatrice de Vinumondo, est une pro des expositions pédagogiques et évidemment une passionnée de vin : à contacter sur : contact@elodiebesse-conseil.com et https://vinumondo.com

Oenotourisme décontracté dans le Roussillon

06-06-2018

Le vin autrement. Avec ce sous-titre, le blogueur Bruno Ledoux (www.vignobles-du-sud.fr) annonce la couleur pour une découverte du Roussillon : une histoire personnelle et passionnée dans laquelle l’ont accompagné bars à vins, cavistes, vignerons.

Le texte est clair, écrit avec précision et humour, et l’ouvrage, bien illustré avec aussi - ce qui est rare - des œuvres d’artistes contemporains, est très agréable à lire et à consulter.

Aux adresses et bonnes cuvées s’ajoutent de nombreux focus utiles, évidemment souvent spécifiques à la région : grenache et lledoner pelut ; rancios secs et Maury doux ; ambré et tuilé… Au fil des pages, le casot, le schiste noir, le Muscat de Noël, les peus de gall, le Força Real, le xadic et peut-être le Catalan dévoilent leurs secrets.

Les événements reçoivent une présentation complète, et l’auteur, avec une bibliographie choisie, rend hommage aux grands auteurs du vignoble.

Roussillon 2018 est donc - sans avoir l’air d’y toucher - une vraie référence pour faire l’œnotouriste averti et décontracté le long des vignobles originaux de l’Agly, de la Têt ou du Tech.

Bruno Ledoux
Roussillon 2018, Le vin autrement dans les villes, dans les vignes
Editions Vignobles du Sud, 10 €

Un hymne aux vignerons des cépages modestes

02-05-2018

La rançon du succès… Les 3 500 exemplaires de la première édition d’ « A la rencontre des cépages modestes et oubliés » étant épuisés, c’était l’occasion de donner une autre figure à l’ouvrage paru en 2016 chez Dunod.

Couverture souple, chaude couleur rouge, trois cépages et vignerons supplémentaires, de nouvelles photos, plus de pages, les inévitables corrections… voici une nouvelle aventure pour ce titre qui a obtenu les félicitations de la critique, ainsi que le Prix Coup de Coeur Livres en Vignes 2016, et le Prix OIV Mention spéciale Découverte et présentation des Vins 2017.

Photographie à un moment donné de l’aventure des cépages modestes et oubliés, cette nouvelle édition ne pouvait se conclure sans une démonstration de ce qui attend heureusement le monde du vin : la découverte de toujours plus de « nouveaux anciens cépages ». La parole est ainsi donnée au vigneron Benoît Salel et au chichaud sous le titre « L’avenir nous appartient » !

Que d’aventures pour les vignerons des cépages modestes et oubliés !
Ils doivent être explorateurs, Indiana Jones, chercher dans les bibliothèques et dans les campagnes, fouiller parfois dans les mauvaises réputations...
Ils doivent enquêter comme Hercule Poirot. Identifier le cépage, retrouver sa parenté, comprendre ce qui l’a tué parfois…
Ils doivent suivre les labyrinthes administratifs avec un fil d’Ariane (ça tombe bien, Ariane était l’épouse de Bacchus) : observations, plantations expérimentales, microvinifications, Catalogue officiel… Heureusement, ils sont aidés aujourd’hui par l’INRA et l’IFV.
Ils doivent planter comme Noé, père des vignerons, sans tout savoir (des goûts des cépages, de leur réussite…) et face à l’incompréhension souvent…
Ils sont aussi civilisateurs : ils recréent une histoire, les liens avec le patrimoine et les fiertés locales…

C’est sans doute la raison de son succès… Cet ouvrage est un hymne aux vignerons des cépages modestes !

« A la rencontre des cépages modestes et oubliés »

Collectif sous la direction d’André Deyrieux
Dunod, 32 €

Site web de référence : http://rencontres-des-cepages-modestes.com/

Une première sur le massif d’Uchaux

30-04-2018

Non à la fin des privilèges ! C’en sera un le 2 juin pour les participants à « Papilles et papillons », la première balade œnotouristique des Vignerons du Massif d’Uchaux.
Une superbe occasion pour découvrir cette dénomination géographique des Côtes du Rhône Villages avec leur président Arnaud Guichard (Domaine de la Guicharde) et une vingtaine de vignerons.

Le nom de l’événement « Papilles et papillons » a été choisi en hommage au célèbre naturaliste et entomologiste Jean-Henri Fabre (1823-1915) qui avait fait du Massif d’Uchaux son terrain de recherche et d’observation et fut le premier à mettre en évidence le rôle de la biodiversité et des interactions entre flore et faune méditerranéenne.

Ce joli massif boisé compte 600 hectares de vignes - et 70 % des surfaces viticoles sont en bio - sur 5 communes du Vaucluse : Uchaux, Piolenc, Sérignan-du-Comtat, Lagarde Paréol et Mondragon.

Le sommelier Kelly Mc Auliffe a sélectionné 12 cuvées et concoctera les accords mets et vins avec le chef Thierry Bonfante, du restaurant le Temps de Vivre à Uchaux.

Découverte de la nature et du terroir en petits groupes, dégustation apéritive et festive en musique sur la terrasse avec vue panoramique sur la canopée du Château du Castellas, repas accords met et vins commenté dans la fraicheur de la salle voutée, un vrai programme de privilégiés

Infos pratiques
Samedi 2 juin 2018 de 10 h à 16 h 30 – 60 € par personne
Contact et inscriptions : Isabelle Jomain - 06 11 53 27 01
Facebook - uchaux.papillesetpapillons@gmail.com

La Toscane à Paris

29-04-2018

Une fois n’est pas coutume, regard sur l’Italie depuis Winetourisminfrance.com !

Il faut dire que c’est à Paris que vient d’ouvrir un joli morceau de… Toscane. La Tenuta La Novella a son comptoir à deux pas du Jardin du Luxembourg. Le propriétaire de la Tenuta La Novella, un Français - François Schneider, fondateur des grandes sources de Wattwiller - a voulu l’excellence tous azimuts pour ce domaine acheté en 1996 et ouvert après dix ans de travaux.

Des vins réputés de la DOCG Chianti Classico, dont les vignes sont protégées de toute pollution par les forêts ; un rare vin de passerillage à la tradition tricentenaire ; des huiles d'olive confidentielles ; du miel ; de la farine et de la crème de châtaignes… tous les produits sont issus de la Tenuta.

De plus, la Tenuta, ancien monastère du XIIIe siècle, a ouvert des chambres d'hôtes : ce peut être une idée pour un séjour d'agro-œnotourisme pas comme les autres...

Boutique au 74 rue Notre Dame des Champs – 75006 Paris.
www.tenutalanovella.com/fr

Floraison oenoculturelle à Orange

25-04-2018

C’est sur la scène mythique du Théâtre antique d’Orange, les 5 et 6 mai 2018, que se déroulera le nouveau salon des vins des Jeunes Vignerons de la Vallée du Rhône. Il accueillera une cinquantaine de vignerons. Son nom ? Rhône Éclat.

Parallèlement, la ville d’Orange, avec l’événement La Floraison, mettra à l’honneur la vigne et le vin le samedi 5 mai. Les nombreuses animations de cet événement œnoculturel, ludique et pédagogique comprennent notamment des ateliers d’initiation à la dégustation et à l’univers du vin organisées par l’Université du vin de Suze-la-Rousse, une présentation par un pépiniériste viticole des plants et du cycle de la vigne, et des ateliers accords mets-vins animés par des sommeliers-conseil.

L’artiste Claude Babinger réalisera une peinture au vin. L’Art du tonneau permettra de découvrir le métier de la tonnellerie, ses origines, le choix du bois, l’assemblage, la chauffe et leurs influences sur le vin ; il y aura aussi un atelier montage d’un tonneau.
Sera également en place le parcours olfactif original d’Infosaveurs, tandis qu’une exposition présentera l’évolution et l’usage du vin sous le règne des souverains pontifes d’Avignon (de 1309 à 1403).

La Chapelle Saint-Louis sera consacrée à des conférences. André Deyrieux, consultant en patrimoines de la vigne et du vin (Winetourisminfrance.com) donnera les conférences : « Orange, le vin et l'opéra » (11 h) ; « Orange, au cœur de l'histoire du vin » (15 h) ; « Orange, le Rhône, le vin et Frédéric Mistral » (17 h)
Sylvie Reboul, journaliste et écrivain, donnera la conférence « Bon vin me fait chanter », sur le vin à travers des chansons.

Un siphon à Champagne

14-04-2018

Parmi les curiosités relatives à la consommation du Champagne, on trouve parfois dans les ventes aux enchères un "siphon à Champagne".
On attribue son invention, en 1828, à Marie-François-Gilles Rever.
Le siphon comporte une mèche creuse et ajourée servant à percer le bouchon, ce qui est loin d'être facile. On le laisse en place et on se sert un verre en appuyant sur la poignée. La pression du gaz carbonique contenu dans la bouteille fait monter et sortir le Champagne par la mèche creuse et le bec verseur en forme de tête de dauphin.
La version de la photo est en argent et a fait l'objet d'un brevet déposé en 1829 par "Dutillet et Deleuze".

Vinavélo, de Marseille à Bordeaux

27-03-2018

Relier Marseille à Bordeaux à vélo (800 km), c‘est le défi que se propose Olivier Houlès, directeur de la Fédération des caves coopératives des Bouches du Rhône et romancier (La première cave). Passionné par l’histoire de la vigne et du vin, il emportera avec lui une amphore massaliète du MUCEM jusqu’à la Cité du Vin à Bordeaux.

Du 11 au 18 mai, tout au long de son parcours - des étapes où furent retrouvées des amphores massaliètes - s’égrèneront conférences sur l’histoire du vin dans des sites archéologiques, rencontres avec les vignerons, dégustations, le tout sur fond d’une action solidaire en faveur de SOS Méditerranée.

Un événement original, initié par des vignerons et pour les vignerons, qui va faire du bruit et attire déjà de nombreux mécènes et partenaires. Contact : communication@intervins-sudest.org

Urgence oenoculturelle

21-03-2018

L'ethnologue et anthropologue Luis Vicente Elías travaille depuis de nombreuses années sur les patrimoines viticoles et a publié plusieurs ouvrages récompensés, notamment sur les patrimoines viticoles paysagers. Il donnait une conférence ce 14 mars à Dijon dans le cadre de la Chaire UNESCO Culture et Traditions du vin. Son constat est sans appel : "L'urgence est dans la sauvegarde des patrimoines œnoculturels immatériels, ce qu'il y a dans la tête des anciens".

C'est notamment le cas pour les savoir-faire de la viticulture, beaucoup moins documentés que les travaux à la cave. Pourtant, continuité formidable, les travaux de la vigne n'ont guère changé entre l'époque gallo-romaine et le phylloxéra. Ensuite, le fil de fer (pour le palissage), les nouveaux outils et les nouvelles pratiques (greffage, taille, densité de plantation, conduite de la vigne...) ont changé le paysage viticole.

C'est aussi le cas pour les patrimoines symboliques, enracinés dans les religions, les traditions populaires et les rythmes du temps.

Luis Vicente Elías souhaite voir collaborer les pays européens pour travailler sur une géographie comparative des vignobles et une valorisation de leurs patrimoines. Les intérêts sont multiples : sauvegarder des pans entiers de nos histoires respectives, redécouvrir des usages qui se révèleront être d'avenir et modernes, nourrir de leur authenticité et de leur identité l'accueil dans nos vignobles d'œnotouristes curieux et cultivés.

La conférence "Le patrimoine culturel de la vigne et du vin en Espagne. Un regard anthropologique" peut-être écoutée sur le site de la Chaire UNESCO : https://chaireunesco-vinetculture.u-bourgogne.fr/ressources-chaire/annales/conferences/201-conf-2017-2018.html

Vis ma vie de vigneron gallo-romain

26-02-2018

Vous voulez devenir vigneron gallo-romain ? Voici le guide pratique le plus complet qu'il nous ait été donné de lire depuis vingt siècles !

Hervé Durand s'est plongé dans les savoir-faire du vigneron Appius qui le précéda à Beaucaire, sur son domaine du Mas des Tourelles, au 1er siècle de notre ère. Il nous donne tout à la fois un roman passionnant et gai, et un mode d'emploi instructif : il explique de manière détaillée les trucs et astuces les plus efficaces pour gérer 25 hectares de vignes et générer un chiffre d'affaires de 65 000 sesterces. Choix de l'emplacement, viticulture, intendance du domaine, vinifications, fabrication des amphores, relations avec le négoce et exportation, consommation...

Les citations des meilleurs auteurs (tels Varron, Caton et Columelle) viennent étayer les conseils et argumentations de l'auteur. Les mosaïques en couleur sont riches en détails pédagogiques.

Chaque lecteur, chaque vigneron, trouvera en se mettant dans la peau d'Appius, vigneron gallo-romain, plus que des surprises. Il découvrira d'étonnantes correspondances, à vingt siècles de distance, avec les pratiques et les gestes de l'ancêtre de Hervé Durand et donc maintes leçons de viticulture et de philosophie de la vigne encore bien utiles !

Appius, vigneron gallo-romain
Editions Mas des Tourelles
Hervé Durand
164 p. 17 €

Les tonneaux perdus

24-02-2018

On connaît les amphores et on suit, grâce à toutes celles, innombrables, que l'on retrouve sur terre, dans les fleuves et en mer, les échanges commerciaux en matière de vin dans l'Antiquité.

L'intérêt se porte aujourd'hui sur des contenants auxquels l'histoire - ou plus simplement le temps - laisse peu de chances de survie, même à l'état de débris ou de vestiges. Il s'agit des outres, dont l'usage en Méditerranée et dans les régions d'altitude (Cévennes, Savoie...) est avéré jusqu'au début du XXe siècle. Il s'agit aussi des tonneaux dont l'invention étrusque ou alpine semble dater du VIe siècle avant notre ère. Entièrement en bois, ils furent rapidement détruits par les insectes xylophages, sauf certains utilisés en réemploi comme cuvelage de puits et aujourd'hui retrouvés. En l'absence de trace, il faut faire usage de méthodes de détective, d'esprit de déduction, d'une érudition à toute épreuve, d'intuition. Il ne faut pas hésiter à faire appel aux détails les plus infimes des textes latins et aux spécialistes les plus experts. Il faut se poser les questions les plus concrètes et imaginer de manière argumentée le contexte réel de l'époque.

C'est le travail de l'archéologue David Djaoui tel qu'il l'expliquait lors d'une conférence donnée le 23 février au Musée de l'Arles antique. De cruche d'échantillon de vin en pipette de terre cuite, de bas-relief de sarcophage en inscription, ses enquêtes révèlent, malgré l'absence physique de restes de tonneaux, les flux colossaux de vin acheminés dans ces contenants dans l'empire romain.
Archéologue-plongeur au Musée Départemental Arles Antique, David Djaoui est bien placé, dans le delta du Rhône et sur ce qui fût un port majeur de Rome, pour lever le voile sur les tonneaux perdus du commerce antique de vin.

A suivre !

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