Brèves

Ces vins qui aiment l’eau

11-09-2014

Jouer avec l’eau pour améliorer le vin remonte – si on laisse de côté les mélanges vin–eau de mer de l’Antiquité - aux vins « retour des îles » ou « retour de l’Inde ».

Au XIXème siècle, ce fut en effet la mode des vins de Bordeaux auxquels on faisait faire le trajet des Antilles. Antérieurement, il y eut à Londres, au XVIIème siècle, des vins de Porto « retour de Terre-Neuve » et au XVIIIème des vins de Madère « retour d'Inde », avec le sentiment que ces allers-retours amélioraient le vin.

Des expériences ont depuis été menées avec des vins d’Henri Maire, et en ce moment même 420 bouteilles de grands vins de Bourgogne font le tour du monde à bord d’un porte-conteneur, avec - dans ce cas - l’objectif de démontrer que le transport conserve parfaitement leurs qualités gustatives.

Outre le transport, c’est aux effets de l’immersion que s’intéressent quelques passionnés.

Au Pays basque, près de Saint-Jean-de-Luz, l’original Emmanuel Poirmeur vinifie un chardonnay en cuves immergées.

Les expériences se concentrent le plus souvent sur une période d’élevage en bouteilles. Citons l’immersion de bouteilles dans les lacs de Servières et de Guéry en Auvergne, au large de Gruissan ou dans la mer Baltique…

C’est une autre aventure qui est menée par l’innovateur Château Larrivet Haut-Brion, puisqu'il s’agit de l’immersion dans le Bassin d’Arcachon de petites barriques. Des « barricots » ou « quarts » (55 litres) réalisés tout spécialement par les MOF de la Tonnellerie Radoux.

A l’intérieur, un prélèvement d’une cuve de Château Larrivet Haut-Brion rouge 2009 (AOC Pessac-Léognan), un vin qui, après ses 16 mois d’élevage « classique », a passé sept mois supplémentaires sous l’eau, dans l’huîtrerie du célèbre Joël Dupuch.

Une barrique témoin, restée sur la terre ferme, permet évidemment des dégustations comparatives. L’une d’elles a été offerte par Emilie Gervoson à quelques invités sélectionnés lors de l’une des « Oenofolies » parisiennes du Château, le 10 septembre.

Une salinité supérieure (qui exalte les arômes), une polymérisation des tanins (due au ressac), un milieu anaérobie qui génère un développement microbien différent, une baisse légère de l’acidité, une baisse sensible du degré alcoolique (de 14,2 à 13,37)… donnent un vin complexe, aux tannins soyeux, qui a trouvé un nouvel équilibre.

Les goûts sont évidemment propres à chacun, mais la cuvée immergée a recueilli une majorité d’avis favorables.

Il ne reste plus aux ostréiculteurs du Bassin qu’à faire un peu de place pour les nouveaux chais bordelais

 

Voir aussi :
Des vins qui ont le pied marin
www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/225_des_vins_qui_ont_le_pied_marin.htm
Oenotourisme de mer
www.winetourisminfrance.com/fr/breves/1549_oenotourisme_de_mer.htm
Oenofolies de Larrivet Haut-Brion
www.larrivethautbrion.fr/index.php/fr/oenofolies

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