Brèves

Le mystère des outres de vin

15-01-2015

L’utilisation de l’outre naturelle comme moyen de transport de liquide a sans doute débuté en Mésopotamie.
Les outres étaient faites de peaux cousues de bœuf (plus de 500 litres), de chèvre… avec une des pattes servant à les remplir et à les vider.

Evidemment, les vestiges archéologiques sont inexistants, mais on trouve les outres de vin dans l’art (voir illustration ci-contre d’un satyre avec une outre) et les textes (dans l’Odyssée ou la Bible). On sait aussi que les Grecs pratiquaient, durant les Dionysies rurales, l’askôliasmos, un concours dont le but était de rester le plus longtemps en équilibre sur une outre en peau emplie de vin et huilée.

On a surtout découvert, dans la vallée du Rhône et en Provence, des inscriptions gallo-romaines curieuses remontant aux tout premiers siècles de notre ère. Elles mentionnent ou honorent de mystérieux « utriculaires » (utricularius, de « uter », l’outre).

Pour les historiens les plus récents, il s’agissait de transporteurs, habiles à fabriquer et étanchéifier les outres, et qui véhiculaient vin (et huile) dans des outres à dos de mulet ou sur des chariots. L’outre est en effet plus résistante que les amphores, et plus apte à subir les cahots des routes qui joignaient deux voies navigables, tels le Rhône et la Loire…

On n’en sait guère plus, mais jusqu’au XIXème siècle, en Savoie, dans le Valais suisse ou les Cévennes, on continua à utiliser outres et mulets pour les transports de vendanges ou de vin sur les chemins difficiles. On peut ainsi voir quelques outres à vendanges au Musée de la vigne et du vin de Montmélian.

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