Brèves

Qui veut tuer le vin breton ?

30-08-2015

Il y a des vins qui attristent. Leur étoile a pâli. Les ventes se sont écroulées. Les prix se sont effondrés. Les surfaces cultivées diminuent, les vignerons disparaissent.

Ainsi du Muscadet. Selon l’auteur de l’essai combatif « Sauvons le Muscadet d’une mort programmée », le coeur de l’explication est simple. Ce vin a perdu son identité.
Il faut en trouver l’explication dans la volonté d’éradiquer tout caractère breton du territoire du vignoble nantais, dans l’esprit d’une lutte millénaire de la France contre la Bretagne.

La thèse est forte, mais l’argumentation très étoffée, avec une excellente présentation de l’histoire du Muscadet, est développée par Alan Coraud, tout à la fois vigneron, élu et spécialiste du tourisme…

Climat océanique ; géologie du Massif armoricain et sols de granit, de mica-schiste, de gneiss ; cépages spécifiques (le Melon, la Folle blanche) ; vins particuliers (le Muscadet et le Gros-Plant) ; accords natifs avec les fruits de mer et les produits de la pêche ; histoire et traditions du vignoble… l’identité de ces vins est pour Alan Coraud bretonne. Elle n’a rien de « ligérien » selon le néologisme consacré, rien de « Pays de la Loire » ou de « Val de Loire ». Elle doit porter haut l’hermine et non la fleur de lys. Elle mérite d’être défendue par une Confrérie des Chevaliers Bretvins qui comprend le sens de son nom (« Bretagne Vins »)

Or, « c’est bien la première fois dans toute l’histoire des vignobles de l’Hexagone qu’un vignoble perd son identité et est intégré dans une région avec laquelle il n’a aucun lien. »

Sur le plan du marketing de son vin et de son territoire, plaide Alan Coraud, c’est du gâchis quand on songe à l’imaginaire attractif qui s’attache à la Bretagne.
Du gâchis, même si on ne songe qu’aux sept nations celtiques, ce marché de 140 millions de Celtes.

Cet ouvrage donne à penser pour d’autres régions viticoles. Le succès d’un vignoble tient au fait qu’il est l’expression authentique et profonde d’une histoire et d’un territoire : cela seul peut inspirer sur le long terme le travail de ses vignerons et l’appétence de ses amateurs. Et le nom donné à une région (Val de Loire ou Bretagne) n’est en rien sans conséquence sur son attractivité dans l’imaginaire des touristes et consommateurs.

Sur ce point, l’auteur apprécie le nom de la destination labellisée « Vignobles & Découvertes » ; Muscadet Loire Océan. Ce n’est pas la seule note optimiste de cet ouvrage qui donne courageusement des pistes de reconquête pour le vin breton.

8,50 € chez l'éditeur Yoran Embanner - www.yoran-embanner.com

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