Brèves

Le Wuhan viticole

15-04-2020

Les temps qui courent nous montrent chaque jour les bienfaits de la création du vivant, de son appropriation vénale et de l'absence de sa maîtrise.

Le monde viticole heureusement n'est pas en reste. Il y a 150 ans des amateurs passionnés de variétés de raisin du monde injectèrent dans les vignobles français, européens et mondiaux un insecte dévastateur qui détruisit pour l'éternité les racines originelles des vignes.
Aujourd'hui, des fétichistes de la manipulation génétique jouent à touche-éprouvette pour créer des Frankenstein ampélographiques. Leur intérêt le plus sûr est de générer des marques, des brevets, des titres de propriété, et des revenus. Les nouvelles variétés sont 30 % plus chères que les traditionnelles : 2,20 euros le plant au lieu de 1,40 en moyenne.

Aucune recherche sur les patrimoines ampélographiques existants, sur la formidable diversité des cépages historiques, n'ouvre ces perspectives financières. (On notera qu'il en est de même des fameux hybrides interdits depuis 1934, et patrimoniaux dans certains vignobles : ils ne peuvent pas faire l'objet d'une appropriation). Après avoir développé des modes de viticulture vicieux et dissous le goût du terroir, on crée des variétés (n'utilisons pas le mot sacré de cépage, qui exclut tout croisement) pour résister aux conséquences mêmes que ces pratiques entraînent sur le matériel végétal. Que la visibilité sur les capacités pérennes de ces résistances soit nulle est sans importance au regard de la création vénale de ces variétés.

Il y a deux changements de nature entre les hybrides historiques et les hybrides Piwis (résistants). Le premier est l'outillage de recherche génétique pour lequel on prend soin de ne pas pour le moment utiliser le mot OGM. Le deuxième s'appelle titre de propriété. "Le génie du vin repose dans le cépage" écrivait Olivier de Serres en 1600. Dans le Piwi travaille le génie de l'argent.

Site par Neteor