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Un parapluie pour tous les Climats

01-09-2015

Il a été créé d’après la peinture de Joyce Delimata qui exprime l’essence du vignoble bourguignon et de ses parcelles appelées « climats ».

Il est édité par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin pour célébrer leur inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Même sans pluie, il plaît. En vente à la boutique du Château du Clos de Vougeot et sur le site internet.

Qui veut tuer le vin breton ?

30-08-2015

Il y a des vins qui attristent. Leur étoile a pâli. Les ventes se sont écroulées. Les prix se sont effondrés. Les surfaces cultivées diminuent, les vignerons disparaissent.

Ainsi du Muscadet. Selon l’auteur de l’essai combatif « Sauvons le Muscadet d’une mort programmée », le coeur de l’explication est simple. Ce vin a perdu son identité.
Il faut en trouver l’explication dans la volonté d’éradiquer tout caractère breton du territoire du vignoble nantais, dans l’esprit d’une lutte millénaire de la France contre la Bretagne.

La thèse est forte, mais l’argumentation très étoffée, avec une excellente présentation de l’histoire du Muscadet, est développée par Alan Coraud, tout à la fois vigneron, élu et spécialiste du tourisme…

Climat océanique ; géologie du Massif armoricain et sols de granit, de mica-schiste, de gneiss ; cépages spécifiques (le Melon, la Folle blanche) ; vins particuliers (le Muscadet et le Gros-Plant) ; accords natifs avec les fruits de mer et les produits de la pêche ; histoire et traditions du vignoble… l’identité de ces vins est pour Alan Coraud bretonne. Elle n’a rien de « ligérien » selon le néologisme consacré, rien de « Pays de la Loire » ou de « Val de Loire ». Elle doit porter haut l’hermine et non la fleur de lys. Elle mérite d’être défendue par une Confrérie des Chevaliers Bretvins qui comprend le sens de son nom (« Bretagne Vins »)

Or, « c’est bien la première fois dans toute l’histoire des vignobles de l’Hexagone qu’un vignoble perd son identité et est intégré dans une région avec laquelle il n’a aucun lien. »

Sur le plan du marketing de son vin et de son territoire, plaide Alan Coraud, c’est du gâchis quand on songe à l’imaginaire attractif qui s’attache à la Bretagne.
Du gâchis, même si on ne songe qu’aux sept nations celtiques, ce marché de 140 millions de Celtes.

Cet ouvrage donne à penser pour d’autres régions viticoles. Le succès d’un vignoble tient au fait qu’il est l’expression authentique et profonde d’une histoire et d’un territoire : cela seul peut inspirer sur le long terme le travail de ses vignerons et l’appétence de ses amateurs. Et le nom donné à une région (Val de Loire ou Bretagne) n’est en rien sans conséquence sur son attractivité dans l’imaginaire des touristes et consommateurs.

Sur ce point, l’auteur apprécie le nom de la destination labellisée « Vignobles & Découvertes » ; Muscadet Loire Océan. Ce n’est pas la seule note optimiste de cet ouvrage qui donne courageusement des pistes de reconquête pour le vin breton.

8,50 € chez l'éditeur Yoran Embanner - www.yoran-embanner.com

Lire aussi
Le retour du vin breton
http://www.winetourisminfrance.com/fr/breves/258_le_retour_du_vin_breton.htm

Nous voulons du vin breton
http://www.winetourisminfrance.com/fr/magazine/217_nous_voulons_des_vins_bretons.htm

Du sens des noms dans l’oenotourisme
http://www.winetourisminfrance.com/fr/breves/1991_du_sens_des_noms_dans_l_oenotourisme.htm

Les Wisigoths, la vigne et le vin

24-08-2015

A la fin de l’empire romain, au début du Vème siècle, les Wisigoths sont venus à la rescousse des romains dans leur lutte en Narbonnaise contre des invasions barbares. Détail curieux, en 413, leur roi Athaulf peut occuper facilement Narbonne dont les habitants sont absents : ils vendangent !

Les Wisigoths étaient largement latinisés et, en échange de leurs services, ils s'installèrent sur ce qui devint leur royaume. C’était le plus vaste de l'Europe de l'Ouest : il s'étendait de la Loire jusqu'à Gibraltar, couvrant l'Espagne, l'Aquitaine et le Languedoc.
Ils se sont coulés dans le système rural et urbain de l'empire, nouant des alliances avec les propriétaires fonciers, et installant leur capitale à Toulouse (en 418).

Mais, de religion arienne, et donc hérétiques, ils furent chassés par Clovis (converti au catholicisme en 498) suite à une bataille décisive en 507 à Vouillé. Ils se replièrent en Espagne et dans le Languedoc-Roussillon. Eux-mêmes se convertirent en 586.
Le Languedoc-Roussillon suivra le sort du royaume wisigoth emporté à partir de 711 par l'invasion arabo-berbère.

Ils sont donc restés trois siècles en Languedoc-Roussillon… Quel fut leur rôle au regard de la vigne et du vin ?

Hugh Johnson et Roger Dion - historiens du vin - mentionnent à peine les Wisigoths.

Pourtant, sous leur règne relativement paisible, la vigne continue à être cultivée par les grands domaines et les premiers monastères. La Lex Wisigothorum (654) les protège, notamment contre des individus mal intentionnés, les "lanceurs de tempête", qui envoient la grêle sur les vignobles !

Les Wisigoths sont connus aussi pour avoir été de grands buveurs. Honoré d'Urfé, dans "L'Astrée" (bien plus tard, au XVIIème siècle), les montre ne se déplaçant jamais sans une gourde de vin.

Bien peu de traces archéologiques (à part quelques sarcophages à motif de vignes) ont, à ce jour, été découvertes pour nous donner plus d’informations.

Pourtant les Wisigoths restent présents dans les esprits : un domaine élabore une cuvée "Le Sang du Wisigoth" ; la Septimanie (la Gothie languedocienne) a failli ressusciter ; et la croix wisigothe est l’emblème des domaines de Gérard Bertrand.

A l'heure où se dessine la future grande région Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, il n’est pas absurde de se rappeler le Royaume wisigoth…

(Remerciements à Georges Labouysse, auteur de "Les Wisigoths, Peuple nomade, Peuple souverain")

Le Ban des Bans ? C'est Avignon !

19-08-2015

Les 29 et 30 août c’est le Ban des Vendanges d'Avignon, le plus grand événement populaire et gratuit de la capitale du Vaucluse...

Pour ses 20 ans, l'événement, organisé par les Compagnons des Côtes du Rhône se déroulera sur deux jours.

Au programme samedi : la proclamation du Ban des Vendanges avec les Confréries Bachiques sur le Rocher des Doms, suivie du marché des gourmands et, jusqu'à minuit, le Grand Bal des Vendanges.

Le dimanche, c'est la messe vigneronne en Provençal à l’église Saint-Agricol, et le grand pique-nique festif sur le rocher des Doms avec musique, animations artistiques, mise en valeur des vins et des mets...

Tout le programme est ICI.

Vinaigre de vin cuit

18-08-2015

Le vin cuit, tradition provençale qui a failli disparaître, est heureusement à nouveau élaboré par quelques artisans.

David Doczekalski, ancien compagnon du devoir installé à Callas dans le Var, va plus loin. Il a créé « Balsam », un rare vinaigre de vin cuit ! Et obtenu une médaille d’or au premier concours international de vinaigres de Cordoue !

Le « Balsam » est donc du vin cuit, « aigri » par adjonction de vinaigre et élevé - durant deux ans - en dame-jeanne et en plein soleil avec infusion de bois de chêne, genévrier et cerisier.

A la dégustation, une profonde intensité aromatique et une belle fraîcheur de fruit invitent à des accords créatifs.

David Doczekalski, crée d’autres vinaigres, mais il a également inventé « Keep Up », le vinaigrier du 21e siècle ! Fabriqué en France et en grès cuit par un artisan potier, le vinaigrier Keep Up, petit et design, trouve sa place dans toutes les cuisines, quels que soient l’espace et le style.

Il faut savoir aussi qu’il n’existe qu’une dizaine d’artisans vinaigriers qui travaillent encore « à l’ancienne » en France.

Clos Saint Antoine (Boutique en ligne)
http://leclossaintantoine.com

Du sens des noms dans l'oenotourisme

16-08-2015

Tout le monde ne s'appelle pas Saint-Tropez ou Saint-Emilion. Pour attirer l'amateur de vin, l'oenotouriste, ou le touriste tout court, le nom est de plus en plus crucial. Soit ce nom touche l'imaginaire du candidat au séjour, à l'excursion, à la visite, soit ce nom "ne lui dit rien".

Soit on s'appelle Château Margaux et tout le monde vient coller son nez sur la grille ; Alsace, et par cars complets on monte et descend la Route des Vins ; Champagne et chacun y va de sa petite laine pour plonger dans les crayères... Soit on s'appelle "Autrement" (pour ne froisser personne) et on peine à détourner ne serait-ce qu'un touriste égaré par un GPS défaillant.

Derrière les noms de lieux qui attirent, il y a - souvent nativement, parfois à la force des années et du poignet infatigable de la persévérance - de l'imaginaire, une histoire, des hommes, du sens...

Que faire lorsque le nom n'a pas de sens - dans l'esprit du touriste s'entend, et non dans ceux de quelques baptisants ? Trouver un nom qui a du sens.

Mais un nom qui a du sens, ça ne court pas les rues. Croit-on que le travail est fait lorsqu'on veut s'appeller "Sud de France" ? Ou nommer une IGP "Terre du Sud" ou "Méditerranée" ? Ou donner à des destinations oenotouristiques dûment labellisées les noms "Coeur de Savoie", "Vallée du Loir" ou "Les bon crus d'Artagnan" - qui dans l'imaginaire touristique peuvent tout aussi bien évoquer meule de fromage, sieste de rongeur et distribution de mousquetaires ?

Alors, faute de trouver immédiatement un nom qui a du sens pour une destination oenotouristique, une origine, une indication géographique, il faudrait peut-être connaître et mettre en scène l'histoire du lieu, ses histoires, ses hommes, ses patrimoines, son identité particulière dans la mosaïque des territoires, sa force propre parmi l'infinie richesse des énergies des lieux.

En matière de marque attachée à un lieu, faire l'économie du sens est toujours suicidaire.

Il faut tirer le sens du lieu avant de lui coller un nom vide et sans plus d'avenir qu'une promesse non tenue dans la forêt de plus en plus concurrentielle des marques territoriales.

Site par Neteor