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L'oenotourisme selon Louis Privat

Article du 19-05-2013

 

Le constat est lourd. Le bilan implacable.

70 vins au verre (et à la bouteille) - dont 15 en bio, soit 55 vignerons sélectionnés.

Exclusivement des vins du Languedoc-Roussillon représentant des valeurs sûres des appellations : Cazes, La Voulte Gasparets, Clos des Fées, Daumas Gassac, Mas des Armes, Mas Amiel...

Un prix de vente (à consommer ou à emporter) qui est celui fait à la propriété, pour les bouteilles - et correspondant - suivez bien - à un sixième du prix de la bouteille majoré de 0,50 € pour les verres (majoration qui prend en compte notamment la casse).

Exemple. Le prix du Cigalus est à 28 €, contre 90 € en moyenne dans un restaurant classique, et jusqu'à 200 € au Jules Verne à Paris (sans doute le prix du trajet en ascenseur).

Inventaire à la Prévert

Une échelle de prix entre 7,50 € (Grisblanc, Gérard Bertrand) et 100 € (Iacobus, Domaine La Ramade) pour des millésimes s'échelonnant entre 2007 et 2012.

Un carafage pour toutes les bouteilles à partir de 15 €.

Des verres (12 cl) dignes de ce nom.

Deux cartes des vins. L'une présente les vins par couleur et par appellation, avec une carte de la région situant les domaines. L'autre par ordre de prix, avec un code couleur désignant trois types de vins : fruité et léger, délicat et féminin, corsé et épicé.

Des barriques de Chardonnay achetées avec le restaurateur Gilles Goujon à la vente de Toques et Clochers.

Votre bouteille offerte si elle vous a plu et que vous en achetez un carton de six.

Une décoration moderne avec notamment des portraits de grands crus du pastelliste Alain Bellanger, et des sculptures – des bouteilles anthropomorphes – de Hervé Di Rosa.

Une formation systématique et continue des aimables et souriants serveurs (et serveuses) à la connaissance et à l’explication de la carte des vins, notamment par une rencontre annuelle avec les vignerons.

Une gestion de cave qui ne passe pas avant les goûts des clients, et des serveurs (et serveuses) qui sont encouragés à conseiller les vins qu'ils aiment.

Sur chaque verre servi, une étiquette attachée (et détachable) qui indique la cuvée, le nom du domaine, son numéro de téléphone et son site internet (coordonnées figurant également sur la carte des vins).

Voilà de quoi donner une idée de la réalité de l'engagement militant de Louis Privat en faveur du vin, du vignoble languedocien, et de l’éducation « soft » du consommateur.

Il y a foule pour le vin

Tout cela, est-ce le fait d'un bar à vins ? D'un restaurant gastronomique ?

Non. Louis Privat, restaurateur et amateur d’art, a créé en 1989 un restaurant grand public qui est devenu une institution narbonnaise.

Il s'agit des Grands Buffets, dont la formule unique à 27,90€. (pour les adultes) permet de se servir à volonté aux buffets gargantuesques Terre, Mer, Rôtisserie, Charcuterie, Foies gras, Plats Traditionnels, Fromages, Desserts...

Dans un cadre improbable (un complexe sportif des années 80 avec parking géant), le décor de brasserie cossue peut accueillir dans une ambiance repas de famille-banquet-festin jusqu’à 1.200 couverts par jour (réservation fortement recommandée) dans ses salles, et sur sa terrasse jardin aménagée par le paysagiste André Gayraud.

On y croise Michel Guérard, parrain de la cuisine ultra-moderne des Grands Buffets (mi-galerie d’art, mi-laboratoire), Jacques Ribourel, venu en voisin de son domaine de La Ramade et accro au buffet de fromages; ou encore Philippe Lucas qui officie dans la piscine mitoyenne, et en partance pour Rio (en 2016…).

Découvertes et shopping

Résultat de cet engagement Vins, la clientèle se livre aux découvertes œnologiques, et s’abandonne à la sélection de belles bouteilles ; elle consomme 50% de vin en plus par rapport à un restaurant "normal". Et le prix moyen de la bouteille achetée est supérieur de 35% à celui constaté habituellement en restauration.

Les convives d’une même table préféreront prendre divers vins au verre plutôt que d’opter pour le plus petit dénominateur commun du vin rosé. La clientèle étrangère, souvent amatrice et connaisseuse, a vu à juste titre dans cette adresse une ambassadrice des vins régionaux et y vient en force.

Au prix propriété, bien sûr, les clients n’hésitent pas à faire leurs achats avant de quitter Les Grands Buffets. Conséquence : ce sont 30.000 bouteilles qui chaque année sont "naturellement" emportées par les convives.

Au sous-sol, ouvert tard dans la nuit, le Private Bowling Pub, animé par la sommelière Sophie Veyrat propose aussi une vitrine de 16 vins au verre, accessible avec une carte magnétique achetée à l’unité ou détenue par les membres du wine club. Le Pub propose aussi des séminaires de dégustation et des rencontres vigneronnes.

 

Le restaurant est l’un des maux du vin

On méconnait le rôle oenotouristique des restaurants pour la découverte et la mise en valeur des vins de leur région et l’orientation des touristes vers les bonnes adresses. Sans parler de leur mission d'intérêt général pour ce qui est de la perpétuation de la tradition de la dégustation gourmande des vins.

Le restaurant est en France l’un des maux du vin. Coefficients multiplicateurs prohibitifs, verreries déplorables, sélection de vins aberrantes, vins en pichet ou au pot exécrables, absence de conseil et d'explication en salle, sommellerie fantaisiste et service aléatoire… tout semble conçu pour décourager les buveurs de bonne volonté, a fortiori les apprentis amateurs

Affirmons-le : l’avenir du vin en restauration est aujourd’hui à Narbonne.

Et si vous préférez l’eau, aux Grands Buffets, elle est à… 1€ la bouteille.

 

Les Grands Buffets

Rond point de la Liberté
Espace de Liberté
11100 Narbonne

(+33) (0)4.68.42.20.01

www.lesgrandsbuffets.com

 


Alain Bellanger : alain-bellanger-pastel.com

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