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De quoi la Vautubière est-elle le nom ?

Article du 29-05-2013

 

Samedi 25 mai. 150 personnes, femmes, hommes, enfants, gravissent la Vautubière, dans l’arrière-pays d’Aix en Provence, au-dessus de Jouques.

En haut, sur le plateau, à 660 m, une vue à 360° sur la plaine du val de Durance, le Luberon et le Ventoux (au nord), le mont Aurélien, le Concors et la Sainte-Victoire (au sud).

L’Envie Epicurieuse

Les marcheurs dégustent des vins qui montrent caractère et équilibre. Cette année, le vent frais, les nuages turbulents, le soleil à éclipses les empêcheront de déjeuner là. Ils descendront s'abriter dans la longue cave du Château Vignelaure, entre le chai à barriques et la galerie d'oeuvres d'art.

Qui pousse ainsi cette petite foule vers le sommet de cette colline de calcaire de la Provence Septentrionale ?

Réponse: L'Envie épicurieuse.

L'Envie épicurieuse est née il y a un an de l'amitié de cinq vignerons et d'un chef : Olivier Scola de Ze Bistro (à Aix-en-Provence) et les vignerons Philippe Bru, Pierre Michelland, Christian Valensisi, Peter Fischer, et Sylvain Manson.

Bacchus et Bacchi

A Rians, l’œnologue Philippe Bru a la lourde charge de l’emblématique Château Vignelaure créé par l’ancien propriétaire du Château La Lagune, qui en importa des plants de Cabernet-Sauvignon (il faut absolument visiter la galerie d’art moderne, et les caves, du Château).
www.fr.vignelaure.com

Au Château Revelette, à Jouques, le charismatique Peter Fischer est à la recherche des vins purs (Pur est le nom de certaines de ses cuvées) et parfaits, et n’hésite pas à exprimer des Cabernets-sauvignons et Chardonnays provençaux. Mais il travaille aussi dans le Priorat au sein du Trio Infernal qu’il forme avec Laurent Combier et Jean Michel Gerin.
www.revelette.fr

Sylvain Manson (Mas Juliette) a acquis 12 ha en 2002 à Esparron-de-Pallières. Il est en reconversion bio et produit essentiellement des rosés, mais aussi un vin de comptoir rouge, Cent Canailles.
www.masjuliette.com

Sur les huit hectares du Domaine La Réaltière à Rians, l’ingénieur agronome Pierre Michelland produit en bio et biodynamie des cuvées aux jolis noms ; Cul Sec, Pastel, Blanc Public.

Quant à l’ex-horticulteur Christian Valensisi, il exploite depuis 2003 le domaine de la Chapelle Saint-Bacchi à Jouques (rosés Carpe Diem et Les Anges). Oui, le nom vient bien de Bacchus, et d’un ancien temple romain, sur lequel a été construit la belle Chapelle du domaine qui accueille des réceptions privées. Le domaine possède aussi studios, gîtes et... chambre nuptiale.

Ces cinq vignerons, en bio ou en reconversion, partagent leurs pratiques, les petits rendements, la récolte manuelle, le tri soigneux de la vendange…

 

Leurs domaines sont donc au pied de La Vautubière, une présence tutélaire évidemment importante. C’est, confie Christian Valensisi, « mon paysage, mon terroir, la vue que j’ai tous les matins en me levant ».

La Vautubière, vallée brumeuse, ou vaporeuse, nous dit Frédéric Mistral, du provençal Vaù Tubiero, sans doute parce que la vue du sommet donne parfois sur des brumes.

La Vautubière est aussi, comme le dit Philippe Bru, « un point important pour la vie des villages autour, puisque c’est le point de surveillance des sapeurs-forestiers qui y sont présents tout l’été ».

Pour Peter Fischer, l’ascension de « la montagne de Jouques » permet de « faire comprendre aux gens qu’on est en Provence, une région qui parait douce et facile aux touristes, mais qui n’est pas facile. Elle est plutôt rude. C’est très sec, froid la nuit et très chaud la journée, et venté. Il faut le savoir pour comprendre le vin. »

Lumière et fraîcheur

La Vautubière permet effectivement, explique Pierre Michelland, de comprendre « ce climat rude, été comme hiver, avec des saisons marquées et des grandes amplitudes thermiques. Mais elle permet au mistral de passer, ce qui évite l’utilisation de produits phytosanitaires, tout en le filtrant, et en évitant ses effets trop violents ».

« C’est la face sud qu’on voit, renchérit Christian Valensisi, très lumineuse, un peu comme la face sud de la Sainte-Victoire. Paradoxalement, elle nous éclaire, reflète la chaleur, mais, aussi, marque les hauteurs de la Vallée et nous donne de la fraîcheur. Au pied de la Vautubière, il y a toujours de l’air. Qui monte la journée et redescend le soir. »

En termes de circulation d’air, confirme Philippe Bru « la Vautubière joue son rôle. Les vignobles ne sont pas très hauts, entre 350 et 400 m, et les massifs qui s’imbriquent créent des micro-climats frais. A Gigondas, on est plus au nord, les vignes sont à 700 mètres d’altitude, mais il fait plus chaud. On a donc bien ici plus au sud, des conditions pour obtenir avec les maturités nécessaires de belles acidités, un bel équilibre. »

Géographiquement, Sylvain Manson est plus éloigné de La Vautubière. Ses vignes sont à Esparron, après Rians, et la Vautubière, « est un symbole, un lieu d’où on voit nos domaines, et donc le symbole de notre groupe, de notre idée de faire un événement ensemble pour faire découvrir les vins de l’année et partager nos valeurs ».

De bonnes raisons pour venir ou revenir rencontrer l’année prochaine la Vautubière, sans doute le 7ème personnage de ce groupe de six…

 

Photo ci-dessus, de g. à d. : Pierre Michelland, Christian Valensisi, Peter Fischer, Sylvain Manson, Philippe Bru

Ci-dessous, vue sur les vignes depuis la Vautubière

 

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