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Porquerolles, les vignes nées du feu

Article du 05-11-2013

L’histoire commence ainsi.

De retour du Mexique, où il avait fait fortune dans les mines d'or et d'argent, François-Joseph Fournier achète l'île de Porquerolles. Nous sommes en 1911. L’île avait entièrement brûlé quelques années auparavant.

François Joseph met en valeur l'île sur le modèle qu'il avait utilisé dans son domaine mexicain, d’une superficie d’ailleurs équivalente, 1.200 hectares.

Il plante – en tant que pare-feux - 170 hectares de vignes.

 

Un héritage historique compliqué

L'île devient une des plus grandes exploitations viticoles de France, produisant jusqu'à 14.000 hectolitres de vin. Sylvia Fournier, sa femme, sera d'ailleurs une des créatrices des Côtes de Provence.

Le décès de François-Joseph, en 1935, marque le début d’une histoire complexe où se mêlent divisions familiales, occupation allemande, pression immobilière, histoires de droits à construire, procès…

Depuis 1971, plus de 80% de l’île appartient à l'État, qui en a confié la gestion au Parc National de Port-Cros, une organisation en mille-feuilles administratif diversement appréciée sur l’île.

Cette complexité, pour les trois domaines viticoles locataires de l’île, ajoute ses exigences (relativement aux enjeux environnementaux, aux droits de plantation, et aux montants élevés des baux des terrains viticoles…) aux difficultés inhérentes à l’insularité, avec notamment des coûts élevés de transport depuis « en face » (le continent).

Mais l'île reste un paradis touristique, le plus méridional de Provence, une "bulle" comme disent ses résidents,

Elle est riche en plages, en criques, en promenades à pied ou en vélo, en panoramas, et en souvenirs, depuis les vestiges de villa gallo-romaine au film de Pierrot-le-Fou, en passant par Simenon (et son roman Le Cercle des Mahé).

Un climat… climatisé

Des falaises du sud descendent doucement vers le nord et les plages, quatre plaines aux sols sablonneux, schisteux et argileux, propices à la culture de la vigne, mais aussi aux arbres fruitiers et aux oliviers.

D’autant que l’insularité et un micro-climat exceptionnel, à la fois ensoleillé (près de 300 jours de soleil par an) et rafraîchi, confèrent vraiment des qualités organoleptiques particulières au vin, décrit comme minéral et iodé, puissant mais faible en alcool.

De quoi caresser un instant, il y a quelques années, l’idée d’une AOC spécifique à l’île…

Les cépages locaux comprennent, en blanc, le Rolle (ou Vermentino) et le Sémillon ; en rouge et rosé le Mourvèdre, la Grenache, le Syrah, le Tibouren.

Et sur le Tibouren, les avis divergent… fortement. Mais aussi sur le Mourvèdre, sans doute plus adapté aux sols calcaires de Bandol.

Points de vue contradictoires, même sur une petite aire géographique. C’est la richesse du monde du vin.

Le domaine le plus proche du village, et du débarcadère, est celui, depuis 1989, de Cyrille et Alexis Perzinsky, descendants de l’aristocratie russe (les armoiries sont présentes sur leurs bouteilles) et spécialistes de la machine à vendanger de haute précision.

10 hectares de vigne produisent trois cuvées en blanc, rosé, et rouge. L’accueil sur le domaine est chaleureux.

www.perzinsky.com

 

Le Domaine de l’Ile est dirigé, depuis 1980 par Sébastien Le Ber, petit-fils de F-J. Fournier, personnalité locale et navigateur.

16,5 hectares de vignes se répartissent entre les deux plaines les plus Est (le Brégançonnet) et Ouest (Notre-Dame) de l’île. Le domaine accueille sur réservation pour des dégustations, et possède un caveau de vente à côté de la mairie, où retrouver ses trois cuvées.

www.domainedelile.com

 

A l’est, le Domaine de la Courtade  (33 hectares, en bio), créé en 1985 par Henri Vidal et Richard Auther, a désormais à sa tête Laurent Vidal (beau-frère de Jean Rochefort), et Fabrice Vidal. Il possède les espaces suffisants pour des cérémonies familiales.
On appréciera les cuvées La Courtade et Alycastre (du nom d’un dragon d’une légende locale), tout en fraîcheur et en définition.

www.lacourtade.com

 

Rendez-vous à l'embarcadère de la Tour Fondue dans une demi-heure ?

 

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Photos, de h. en b.

Avec Sébastien Le Ber, avec les frères Perzinski, avec Fabrice Vidal

 

Restaurant, et chambres : Le Porquerollais

 

Lectures

William Luret, L'homme de Porquerolles. Jean Claude Lattès (1996, L’histoire de François-Joseph Fournier)
Lélia Le Ber, Une île en cadeau de mariage. Éditions de La Plage d'Argent (1996, La vie de Sylvia Fournier racontée par sa fille)

 

Site sur le patrimoine de Porquerolles

www.porquerolles-patrimoine.fr

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