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Oenotourisme de Noël à Lausanne

Article du 07-12-2013

Le 14 décembre, dans la salle du Conseil communal de l’Hôtel de Ville, la Ville de Lausanne mettra aux enchères le millésime 2013 de certaines cuvées de ses domaines. Sommeliers, cavistes, négociants mais aussi le grand public peuvent être « miseurs ». Seront également mis en vente des coffrets exclusifs avec réédition d’étiquettes anciennes.

Cette vente se déroule chaque année depuis 1803, soit 211 ans, avec donc un peu d’antériorité sur la vente des Hospices de Beaune.

Lausanne possède en effet, hérités des monastères défricheurs du XIème siècle et de la vente des biens nationaux (ou de legs), cinq domaines magnifiquement situés dûment marqués de ses armoiries aux chevrons rouge et blanc. La Ville est ainsi le plus grand propriétaire viticole public de Suisse.

Deux domaines sont situés sur le vignoble de la Côte, à l’ouest : l’Abbaye de Mont à Mont-sur-Rolle qui, avec 13,5 hectares, est le plus grand domaine de la ville, et l’Abbaye de Rochefort qui, en biodynamie, produit vins blancs et rouges.

Trois domaines sont au cœur du Lavaux. Sur les fortes pentes du Dézaley, la plus réputée des appellations pour le Chasselas, on trouve, mitoyens, le Clos des Moines et le Clos des Abbayes (prononcer Abeilles). A Saint-Saphorin, le Domaine viticole du Burignon accueille les oenotouristes avec des chambres et suites.

Lausanne, chef-lieu du canton de Vaud, peut être considérée comme une véritable destination oenotouristique, où il est possible de découvrir des vins peu exportés.

Ville en pleine croissance, inattendue, entre lac et montagne, assemblage de cité médiévale et d'architecture moderne, ville à la fois sportive, culturelle (on y compte vingt musées) et universitaire, elle est donc aussi au centre de deux vignobles : celui de la Côte, entre Genève et Lausanne, et les magnifiques terrasses du Lavaux, entre Lausanne et Vevey-Montreux, classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2008.

Elle a même connu des vignobles sur son territoire ; au XIXème siècle les vignes séparaient du haut de la ville le quartier d’Ouchy, aujourd’hui balnéaire et folklorique commune libre au bord du lac.

Le Lavaux est surnommé la terre des trois soleils ; celui du ciel, celui qui se reflète sur le lac, et la chaleur renvoyée la nuit par les 400 km de murets des quelque 10.000 terrasses. On y ajoute souvent le quatrième soleil : le sourire du vigneron.

Le Chasselas évidemment est roi (90 % de l’encépagement sur Lavaux), mais la chaleur des murets permet traditionnellement d’amener à maturité les cépages rouges qui sont plantés contre eux.

Il est possible de planter en Suisse tous les cépages du monde. Aussi, les vignerons les plus remarquables comme Louis-Philippe Bovard - descendant d’une famille de vignerons-pêcheurs à Cully - font des merveilles avec du Sauvignon, du Chenin ou de la Syrah…

Trains et bateaux relient Lausanne aux villages des vignobles, permettant de se rendre, par exemple dans un rayon de 20 km, au Musée de la Confrérie des Vignerons de Vevey, ou à Rivaz pour visiter le Vinorama et le Conservatoire des 19 variétés de Chasselas, une fondation d’intérêt public.

Les caveaux des vignerons accueillent aussi volontiers les touristes.

Par contre, bien que Lausanne soit le siège du CIO (le Comité International Olympique), la Vigne olympique, qui lui a été offerte par le Canton de Vaud se trouve à Aigle...

A Lausanne même, de bonnes adresses permettent de déguster les vins suisses.

Ainsi du Yatus, ou du Midi20 auquel le journaliste Pierre Thomas (grâce au blog www.thomasvino.ch duquel on restera en contact avec l’actualité) est associé.

Citons aussi le bar du Beau-Rivage, qui permet d’accéder aux 75.000 bouteilles de la cave du palace.

Le restaurant d’application de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, Le Berceau des Sens, possède également une cave exceptionnelle, ouverte sur le monde entier.

On ne manquera pas lors d’une promenade vers la cathédrale de Lausanne (protestante et gothique), de passer dans la jolie rue Cité-Derrière, chez Henri-Daniel Wibaut, à la Librairie Gastéréa.

Mondialement connue, elle est consacrée à la littérature gourmande, aux livres anciens de gastronomie et d'oenologie. Elle porte bien son nom puisque pour Brillat-Savarin, Gastéréa est la dixième muse, celle des "jouissances du goût".
C'est ici qu'il faut se dépêcher d'acquérir, avant d'autres collectionneurs, et en allant de surprise en surprise, "Le Clos de Vougeot" de Camille Rodier ou un rare exemplaire des "Vins suisses" édité en 1951 par l'Office de propagande pour les produits de l'agriculture suisse...


A noter : La Nuit des Etoiles dans l’Hôtellerie de Lausanne

Durant les trois ouvertures nocturnes des magasins au centre-ville de Lausanne, les hôteliers s'associent aux commerçants et offrent des tarifs très avantageux, allant de CHF 100.- à 300.- par chambre double et par nuit, petit déjeuner compris.
L’offre est valable uniquement les nuits du mercredi 18, vendredi 20 et lundi 23 décembre 2013.

 

Sites web

- la vente aux enchères : www.lamiseauxencheres.ch

- les domaines viticoles de Lausanne : www.lausanne.ch

Lecture conseillée

Œnotourisme en Suisse romande. Plaisirs gourmands dans les vignobles romands, Alexandre Truffer, Creative Publishing.

 

Lexique vaudois

La mise : la vente (mise) aux enchères
Le carnotzet : local discret, sans fenêtre, où le vigneron reçoit ses clients et amis
L’encaveur : négociant en vin, généralement propriétaire de vignes, qui pressure, encave et élève sa production
Le vigneron-tâcheron : il n’est pas propriétaire et loue donc ses vignes
Un train à l’heure : qui part toutes les heures
Un vase : un foudre
Un cépage pourrisseux : qui craint la pourriture grise
Un déci : c’est le verre communément utilisé pour boire le Chasselas qui contient dix centilitres
Les Bouchons Vaudois : friandise du canton de Vaud, évidemment en forme de bouchon, qui n’est fabriquée que par certains artisans pâtissiers-confiseurs, et ce depuis 1948

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