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Les Femmes et l'Amour du Vin

Article du 02-08-2009

Il nous a souvent été donné dans ces pages de souligner le rôle sans cesse grandissant des femmes dans le monde du vin (*).

Ségolène Lefèvre prend le vaste domaine des relations entre les femmes et le vin à bras le corps. L'ouvrage est clairement dessiné en trois parties : "Les femmes font le vin", "Servir le vin", "Les femmes boivent le vin".

Oui, les femmes ont longtemps été tenues à l'écart du vin, et Ségolène Lefèvre de souligner ; "Tout de suite, le vin fut synonyme de plaisir, et c'est sans doute là le noeud du problème."

Si les femmes sont devenues vigneronnes à la fin de nos années 70, l'époque médiévale a connu des couvents de moniales célèbres pour leurs vins (que l'on pense aussi aux Hospices de Beaune !).

De nos jours encore, on peut déguster les vins (en agriculture biologique) du monastère orthodoxe de Solan (près d'Uzès).

D'autres rendez-vous des femmes avec l'histoire se trouvent - au gré de hasards familiaux à Yquem ou en Champagne (la Veuve Cliquot n'est pas un cas isolé), mais il faut se souvenir du rôle des femmes durant les quatre années de la première guerre mondiale, puisque les hommes étaient au front...

Et le temps passe : il y a vingt ans, 15 % des exploitations étaient aux mains des femmes - ce chiffre est aujourd'hui de 25 %;

Et le changement n'est pas que quantitatif, mais aussi qualitatif.

Si l'auteur répudie l'idée de vins "féminins", différents des vins "masculins", elle souligne que "du fait de leur longue mise à l'écart, elles arrivent neuves dans le monde du vin sans préjugés et sans tabous, sans les idées reçues et les traditions du passé."

Aussi bio et biodynamie sont largement adoptées (Yvonne Hégoburu, Dominique Hauvette), des offres originales apparaissent en matière d'oenotourisme (les Médocaines) et leur liberté d'innover les amène à exercer des fonctions délicates au niveau national (Marie-Christine Tarby).

L'auteur ouvre avec les deux autres chapitres des perspectives complexes, faite de prêtresses et de temples (y compris celui de la Dive Bouteille), de bacchantes, de tavernes, de guinguettes et autres lieux franchement louches, dont on ne sort qu'avec l'hédoniste Colette, et avec dans les années 50, l'apparition progressive (et saluée par le professeur Emile Peynaud), des femmes dans les formations d'oenologie.

En 1978, Danielle Carré-Cartal devient la première Meilleur sommelier de France.

Un des intérêts du livre est de nourrir la fin de chacun des chapitres - très enracinés dans une perspective historique (avec nous semble-t-il, une connaissance particulière des périodes sumériennes et babyloniennes) - par des rencontres-interviews avec nos contemporaines, vigneronnes, chefs de cave, oenologues, sommelières, journalistes ou attachées de presse... Des visions particulièrement pertinentes et éclairantes sur le(s) monde(s) de la vigne et du vin.

 

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