Rencontre avec Hervé Novelli

Article du 02-11-2010

Rencontre avec Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Tourisme, au Commerce, à l’Artisanat, aux services, à la consommation et aux PME suite à l’annonce des premiers sites français labellisés «Vignobles et Découvertes».

 

Le 14 octobre dernier, vous avez annoncé la liste des 10 premiers sites «Vignobles et Découvertes». En quoi ce label correspond-il à un axe de développement souhaité par le gouvernement et votre ministère ?

Hervé Novelli : Chaque année, en France, cinq millions de touristes français font des visites de vignes et de caves, auxquels s’ajoutent près de deux millions de touristes étrangers.

Le vignoble est une véritable clef d’entrée de notre territoire, il était nécessaire d’impulser un projet, de favoriser une prise de conscience nationale du potentiel de ce secteur d’activités.

Quand la création de ce label a t-elle été décidée et selon quels critères ?

HN : Courant 2008, j’ai souhaité relancer le travail réalisé par Paul Dubrule - actuel président du Conseil Supérieur de l’Œnotourisme - sur le tourisme viti-vinicole pour que le label soit créé. Douze mois ont été nécessaires pour définir le cahier des charges, puis nous avons sélectionné les territoires suite à l’appel à projet lancé au printemps 2010.

Chaque candidat retenu s’inscrit dans une fédération d’acteurs : un restaurant - classé Qualité Tourisme - un site touristique, un viticulteur et un producteur au moins.

 

"Nous n’avançons pas un budget"

 

Il n’y a pas d’aides financières apportées directement aux vignobles. Au-delà d’Atout France, qui doit valoriser ces sites, c’est une politique participative ?

HN : Nous menons depuis des années une politique active en matière de mise en réseau, c’est une politique moderne. Notre souhait est de créer du lien entre les différents acteurs du tourisme et du terroir.

Nous sommes ici dans une politique pragmatique et si nous n’avançons pas un budget, les retombées économiques pour les différents interlocuteurs impliqués par ce label seront au rendez-vous dans les prochaines saisons. Nous donnons des clefs et créons des référents, l’important est de valoriser le savoir-faire, les identités viti-vinicoles, touristiques et gastronomiques.

Vingt labels devaient être annoncés en 2010, seuls dix sites ont été reconnus, les candidats ne répondaient pas au cahier des charges fixé ?

HN : Nous avons reçu cinquante dossiers, 20% ont été retenus. Un second appel à projet va intervenir dans les prochains mois. Il y aura donc d’autres élus.

 

"Nous n’avons reçu aucune demande de Bordeaux"

 

Certains territoires semblent avoir été oubliés. Aucun label n’a été décerné aux vignobles de Bordeaux ou en Alsace, pour quelles raisons ?

HN : Pour Bordeaux, c’est très simple, nous n’avons reçu aucune demande de ce territoire. On peut penser qu’ils estiment aujourd’hui pouvoir se passer de ce label. Pour l’Alsace, c’est un peu différent. Il y avait quatre dossiers mais il n’y a pas eu de suite donnée aux projets. Une réflexion nécessaire doit être menée en amont sur la pertinence du territoire.

Vous êtes élu dans le Sud Touraine, très attaché à ce territoire, le label décerné à Chinon, Bourgeuil, Azay-le-Rideau, vous tient-il plus particulièrement à coeur ?

HN : Il est vrai que j’affectionne la Touraine, cependant il n’y a pas eu de clientélisme ! Il se trouve que le dossier présenté par l’office de tourisme de Chinon était très bien préparé et répondait à tous les critères de qualité.

Certains territoires n’ont pas de réelle identité, ni les outils pour lancer des actions concrètes, un accompagnement est-il prévu ?

HN : Le Conseil supérieur de l’Œnotourisme travaille sur des référentiels de formation. L’objectif est de faire la jonction entre le vignoble et le tourisme pour aider les territoires à se coordonner et à mettre en avant les acteurs de l’œnotourisme de demain.

Le label «Vignobles et Découvertes», gage de qualités et d’initiatives convergentes, est fédérateur ; il va souder les territoires, créer de la synergie.

Une convention a d’ailleurs été signée entre le CSO, Atout France et le Minsitère du Tourisme pour soutenir les actions, c’est une garantie en direction des acteurs de ce secteur.

 

Propos recueillis par Claire Gressieux

 

DROIT DE REPONSE

Nous complétons cet interview par le mail que nous a adressé Pierre Gommeux de Bordeaux Label, à Bordeaux.

"Je voudrais apporter un rectificatif quant à l’affirmation qu’aucun projet de dossier de demande de « labellisation œnotourisme » émanant de Bordeaux n’avait été déposé.
Il y en a eu au moins UN, intitulé « d’une rive à l’autre » que notre agence, Bordeaux Label avait élaboré, mis sur pied et adressé à Atout France qui l’a transmis fin Juin au Conseil supérieur de l’Oenotourisme.
Il n’a pas été accepté, car manquant de « visibilité ».

À titre indicatif, notre dossier de label incluait, avec l’accord formel des intéressés, l’OT de Bordeaux, l’Ecole du Vin du CIVB, trois restaurants étoilés, l’ hôtel des « Sources de Caudalie » à Léognan et « l’Hostellerie de Plaisance » à Saint Emilion ainsi que le restaurant la Tupina à Bordeaux, l’OT de Langon, et six Grands Crus Classés de l’appellation Saint Emilion, Pessac Léognan et Sauternes (Figeac, l’Angélus, Smith Haut Lafitte, Haut Bailly, Guiraud et d’Arche). Nous étions prêts à l’étoffer de nouveaux arrivants pour la session d’automne.

Il m’avait été suggéré de remplacer ce projet par un label des « Vins de Graves et liquoreux »."

(NDLR : Cette information nous a pourtant été affirmée à plusieurs reprises par l'intéressé)

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