Le débat oenotourisme : Sylvain Bouhélier

Article du 03-12-2010

 

Nous rapportons ci-dessous la réaction de Sylvain Bouhélier, vigneron sur la Route du Crémant à Chaumont-le-Bois, aux propos de Per Karlsson et de Marc Verpaalen.

 

J’ai été touché par le témoignage de Per Karrlsson de BK Wine qui porte un regard décapant sur l’oenotourisme.

Partout en France, le monde viticole rivalise d’imagination pour attirer et séduire de nouveaux clients. L’oenotourisme est en pleine croissance. Dans chaque région des installations spectaculaires voient le jour.

Insidieusement, dans la tête des viticulteurs, se répand l’idée que l’oenotourisme c’est avant tout de gros investissements, du marketing et de la mise en scène.

 

A ce jeu là, le vigneron ne risque t-il pas d’y perdre son âme ?

Les propos de Per Karrisson nous ramènent à l’essentiel : les attentes de l’oenotouriste sont avant toute chose l’authenticité, l’accueil personnalisé et la rencontre du producteur.

Finalement, le touriste recherche l’image d’Epinal que les vignobles français utilisent généralement dans leur campagne de communication : « le vigneron qui vit au rythme des saisons, dans un site d’exception où vin et gastronomie sont au rendez-vous », bref : l’art de vivre à la française.

La réalité du monde viticole n’est pas toujours si idyllique. Ne soyons donc pas surpris des déconvenues qu’évoquent Per Karrisson.

 

Tous les petits viticulteurs qui, comme moi, jouent la carte de l’accueil touristique, avant tout pour partager leur passion, se trouvent donc rassurés, ils sont sur une bonne voie! L’accueil familial et convivial est une valeur qui est toujours recherchée.

Pour autant, je partage l’idée qu’en matière d’accueil touristique, la bonne volonté n’est pas suffisante, un minimum de formation est indispensable pour conforter ou développer des compétences. C’est une démarche qui demande du dynamisme.

L’autre aspect important en matière d’oenotourisme, c’est la bonne connaissance des autres prestataires du territoire. On crée ainsi une synergie locale qui profite à tous : au visiteur qui se sent compris, au collègue (restaurateur, hébergeur, musée…) qui n’hésitera pas à renvoyer la balle.

 

Mon propos n’est pas de dénigrer les initiatives des grandes maisons qui développent des complexes oenotouristiques au fait des dernières technologies. Leur action est nécessaire, elle joue actuellement un rôle de locomotive et contribue à la promotion à l’international des vignobles français. Leur structure permet de recevoir les touristes en masse.

Je veux simplement souligner le fait que les petits producteurs ont un rôle à jouer, que le talent et la qualité ne sont pas forcément proportionnels au capital social.

 

Sylvain Bouhélier
Vigneron en Bourgogne

 

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