Lettre du Jurançon

Article du 01-02-2011

L'oenotourisme, c'est surtout la rencontre avec les vignerons. Ci-dessous, c'est un vigneron qui vient à nous par l'intermédiaire de la newsletter Destination Jurançon.

C'est Thierry Bousquet, du Clos Benguères (un domaine créé en 1614) à Cuqueron. Nous reproduisons sa tribune libre.

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Cette année 2011 commence bien, un hiver bien marqué, qui manque de neige sur les sommets, mais qui nous permet d'avancer dans nos vignes par ces journées magnifiques . Le froid est là, il est mordant, mais quoi de plus naturel en hiver ?

Nous vivons dans un magnifique pays, sillonné de gaves, de coteaux abruptes d'où l'on peut découvrir de multiples paysages, jamais les mêmes et qui produisent un breuvage unique au monde, le Jurançon, à l'image de ce terroir particulier qui le fait naître tous les ans, puissant et plein de fraîcheur comme un gave , rond, chaleureux, comme un coteau.

Je vais vinifier mon dixième millésime cette année et je profite d'avoir la plume pour dire que je suis très fier d'être un acteur de notre appellation.

Cependant, certains ne semblent pas comprendre, ne pas voir le trésor qui est sous leurs yeux, qui n'existe même plus à quelques encablures des limites d'appellation . Il vaut mieux être industriel en Béarn que gardien de la tradition et du terroir. Nous sommes relégués dans un zoo ou l'on nous donne des miettes pour survivre, pour calmer les esprits et de toute manière, ça marche tout seul, pourquoi miser dessus dans ces périodes de crises qui se succèdent depuis vingt ans. Une prise de conscience a été prise lors du Grenelle de l'environnement, mais est-elle suivi d'effets? Il n'en résulte que des passes-droits, une autre manière de taxer, mais rien de vraiment concret ! Je suis convaincu que nous vivons dans une région qui a un énorme potentiel, mais pas seulement industriel. Notre quotidien n'est fait que de nouvelles contraintes que l'on accepte en faisant le dos rond. Mais à quand une nouvelle positive, qui nous soulage et surtout pas sous forme de subvention ?

Je profite de cette occasion pour donner mon sentiment sur la vente et la dégustation de nos vins dans les manifestations publiques dans des verres et des bouteilles en plastiques. Pour moi c'est inconcevable, c'est dénaturer notre fierté, c'est saccager des années d'effort, même si c'est la loi ! Est-ce que ceux qui ont pondu cette loi prennent leurs cocktails dans du plastique ? D'une part je ne suis pas pro-plastique et des études récentes me donnent raison et d'autre part, la déresponsabilisation, le principe de précaution m'ennuient. Ne risque-t-on pas plus en prenant le volant de notre voiture tout les jours ?

Je tiens à remercier l'association « La Route des Vins de Jurançon » qui me permet de m'exprimer, en tant qu'acteur bien sûr, mais en tant que citoyen aussi. Nous donnons tous un peu à l'association, mais ça ne sera jamais assez par rapport à ce qu'elle nous apporte. Mon plus profond respect pour notre actuel président Jean-Marc, en passe de céder sa place .

Merci de m'avoir lu.

Thierry Bousquet, Clos Benguères, Cuqueron

 

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