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Lamartine vigneron

Article du 28-09-2016

Le Jardin des Oliviers à Jérusalem, en 1831. « Avant le repas, Mr de Lamartine prit une bouteille de vin de Milly et en arrosa la terre qui fut imprégnée du sang de Jésus-Christ » rapporte Ernest Légouvé qui voyageait avec lui.

En 1842, Lamartine a 52 ans. Dans une lettre, il écrit avoir renoncé à la poésie. « C’est trop puéril pour le chiffre de mes années. La rime me fait rougir de honte ».

Le vin est la grande affaire de la vie de Lamartine. Il possède, héritées ou achetées, des vignes dans le Mâconnais autour des demeures de Milly et de Monceau (à Prissé), deux maisons avec leurs « tinaillers » (pressoir et cuves). En 1848, après son échec à l’élection présidentielle, ses possessions comptent 70 vigneronnages sur les communes de Milly, Saint-Sorli, La-Roche-Vineuse, Prissé, et très accessoirement Saint-Point qui est plutôt une terre à pâturage du Charolais… Le tout rapportait les bonnes années jusqu’à 3 000 pièces de vin.

Pluie tous les jours, huissier toutes les semaines

Le problème est que Lamartine n’est pas un homme d’affaires. Aux aléas naturels (grêle, « maladies de vignes »...) s’ajoute le fait qu’il était un pitoyable marchand. Mévente chronique, vente à perte, combinaisons financières, spéculation, prodigalité… il ne couvre pas ses charges d’exploitation et d’emprunts. Les mauvaises nouvelles émaillent sa correspondance : « Mes vendanges sont faites et pauvres. Il faut vivre, et pour vivre, écrire » (1846) « Pluie tous les jours, huissier toutes les semaines » (1852)…

Au demeurant, il était, à en croire ses meilleurs amis, piètre dégustateur, ce qui exposait cet homme bon à être trompé... « Il avait une petite tasse en argent, entrait dans le pressoir, dégustait, faisait une grimace approbative, et se posait en connaisseur. Le fait est qu’il n’y entendait rien » écrit Henri de Lacretelle.

Son entreprise d’éditeur, loin d’apporter de solution économique contribue à sa déconfiture. « Les vignes font un immense tapis vert. Le soleil et les nuages en sont les deux croupiers qui vous jettent les trésors ou la ruine ».

En 1860, lourdement endetté, il est contraint de vendre sa demeure de Milly, peu de temps après avoir écrit « La Vigne et la Maison ».

Enfin, il fut sauvé par l’homme du Deux-Décembre. Napoléon III lui fit voter une « récompense nationale » qui le mit jusqu’à la fin de ses jours à l’abri du besoin.

On peut voir au château de Monceau le pavillon de la Solitude, situé au milieu des vignes, où Lamartine aimait travailler, et qui est aujourd'hui propriété de l'Académie de Mâcon et symbole des vignerons des Terres Secrètes. La propriété de Milly se visite sur demande (03 85 37 70 33).


Bibliographie : Lamartine et ses amis, Henri de Lacretelle - Un grand vigneron, Lamartine, Claudius Grillet

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