Oenotourisme et viticulture durable

Article du 21-06-2009

L'amateur de vins est à la recherche d'authenticité et de richesse. Celles des vins, celles des terroirs et des cépages, celles de la conduite de la vigne et de la vinification. Celles des paysages aussi.

Ses préoccupations de "bon vivant" sont celles d'un citoyen de la planète. Elles rejoignent les objectifs posés par les différentes actions ou pistes d'action (Grenelle de l'environnement, Ecophyto 2008...) mises en oeuvre pour une viticulture durable.

L'amateur de vin, évidemment volontiers oenotouriste, réclame le maintien (ou la renaissance) de la biodiversité.

La biodiversité, c'est d'abord la large utilisation des cépages (plus de 5.000 sont identifiés) en fonction des terroirs, ou plus concrètement le maintien de cépages autochtones face à des tendances de standardisation.
C'est aussi l'enherbement et le fleurissement des vignes, l'entretien des haies, le retour à la polyculture ou l'agroforesterie... (A ma connaissance, seule l'AOC Saumur-Champigny a mis en oeuvre un réel programme de biodiversité.)

L'amateur de vins, oenotouriste et citoyen de la planète, est de plus en plus sourcilleux quant à la culture de la vigne elle-même, et à la vinifcation.

La mécanisation qui tasse et érode les sols, détruit certains paysages de vigne. La "générosité" en matière d'intrants ; produits phytosanitaires, engrais.... L'utilisation de techniques et de produits (édulcoration, acidification tartrique, filtrations stériles, toastage ou copeaux, levures exogènes, coupages...) qui effacent terroirs et millésimes.

Autant de pratiques qui après avoir provoqué la mort des sols mettent les vins à l'agonie.

Mais le champ de la viticulture durable a des dimensions insoupçonnées : gestion de l'eau, éco-construction, traitement des déchets et des effluents...

Le bilan carbone peut même éclairer d'une lumière nouvelle des débats actuels. Sait-on que l'empreinte carbone d'un bouchon synthétique est deux fois plus grande que celle d'un bouchon de liège, celle d'une capsule métallique six fois plus importante ?

L'oenotouriste est attristé par la pollution visuelle des paysages de vigne, les plus beaux paysages du monde agricole. Il déplore la disparition ou la déshérence du patrimoine lithique (murets, terrasses...) ou bâti (cabanes de vignes...).

Il est donc ravi de voir des vignobles souscrire à la Charte Internationale de Fontevraud, comme cette année les Costières de Nîmes.

Ici aussi, dans la prise de conscience, dans l'action, ne nous laissons pas dépasser par les vignobles du nouveau monde, par la route des vins de la Biodiversity Wine Initiative en Afrique du Sud, par une cuvée "The earth friendly wine" californienne...

Belle mission pour l'oenotouriste d'être, bien plus que l'amateur d'un art de vivre de qualité, la sentinelle d'une planète vigne en danger.

Et ce rôle est bel et bien inscrit dans la définition de la viticulture durable donnée par l'OIV, l'Organisation Internationale du Vin :

"l'approche globale à l'échelle des systèmes de production et de transformation des raisins, associant à la fois la pérennité économique des structures et des territoires, l'obtention de produits de qualité, la prise en compte des exigences d'une viticulture de précision, des risques liés à l'environnement, à la sécurité des produits et la santé des consommateurs et la valorisation des aspects patrimoniaux, historiques, culturels, écologiques et paysagers".

 

André Deyrieux

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