Newsletter

Oenotourisme à Dijon

Article du 30-11-2015

Les vignes de Dijon s’étendaient dans leurs meilleures années aux quatre points cardinaux dès les portes de la ville. L’urbanisation a bien changé le paysage, le centre de gravité du vignoble descendant vers Nuits et Beaune.

Cependant, c’est à Dijon que se trouvent le siège de la Chaire UNESCO Culture et traditions du Vin, ainsi que l’Institut Jules Guyot et une Ecole Supérieure de Commerce qui regroupent de nombreuses formations sur la vigne et le vin. La Cité internationale de la gastronomie, qui ouvrira en 2018, valorisera la vigne et le vin.

Pour commencer notre week-end, le vendredi après-midi, nous sommes attendus dans un quartier champêtre de Dijon, mais tout près du centre, dans les jolies chambres d’hôtes des Marcs d’Or.

Les hôtes sont tout prêts à nous rappeler que l’endroit tient son nom des vignes présentes autrefois au-dessus.

Le Clos de la Vigne de Dijon créé en 1981 n’en est malheureusement qu’un témoignage réduit, qui fournit, avec la parcelle des Valendons, un millier de bouteilles à la ville. Des projets plus significatifs sont en cours d’élaboration…

Avant le dîner, on prend un verre, bio, chez le caviste et bar à vins « Ô Gré du vin ».

Dans la même rue Monge, un peu plus loin, « Le Chabrot » est une sympathique adresse avec une carte des vins bien fournie.

Le samedi matin, nous voilà sur la Route des Grands Crus, à Chenôve (prononcer Ch’nôve)

Avec ceux du Clos Vougeot, les Pressoirs de Chenôve sont un témoignage extraordinaire de l’activité viticole médiévale ; ils datent de six cent ans. Ils pouvaient presser cent pièces de vin par jour ; une pièce contenant 228 litres. Hors de la période d’ouverture en été, il faut prendre rendez-vous au 03 80 51 55 70.

Marsannay-la-Côte se définit comme la Porte d’Or de la Côte-de-Nuits. L’appellation, qui couvre les communes de Chenôve, Marsannay et Couchey, fêtera en 2017 ses trente ans.

Vignoble connu depuis le VIIème siècle, il abreuvait les Ducs de Bourgogne puis, plus tard, Paris par le Canal de Bourgogne. Il a la particularité d’offrir à côté de vins rouges et blancs, des rosés, cas rare en Bourgogne. Comme tous les rosés, ils connaissent un grand succès… Les amateurs consomment aussi en apéritif la Murée (crème de mûres et rosé de Marsannay), créée par la Confrérie des Gourmets de Marsannay.

Autre spécialité gourmande de Bourgogne, le jambon persillé ; on peut se procurer l’un des meilleurs chez Renard Traiteur.

Nous visitons deux illustrations différentes du vignoble avec le domaine Huguenot, et Sylvain Pataille. L’office de tourisme permet aussi une originale visite de découverte géoviticole du terroir (1 h 30). Une étude détaillée des terroirs de l’appellation a en effet été réalisée en 2005. L’Office est installé dans la Maison du Patrimoine qui expose des objets anciens de la vie rurale.

Pour déjeuner, restons à Marsannay, aux Gourmets, pour une belle carte de saison.

En quittant le village, on admire la sculpture de Christian Maas (2004, en sa période bachique), « Les porteurs de la grande grappe ».

Fixin (prononcez Fissin) est marqué par le souvenir d’un grognard de Napoléon, Claude Noisot, qui lui fit ériger une statue (« Le réveil de Napoléon » par François Rude), lui construisit un musée, et baptisa de son nom un clos de vignes (classé en premier cru).

Le Clos de la Perrière, chez Philippe et Bénigne Joliet, où on s’arrête pour une dégustation, abrite lui aussi un pressoir (du XIIème siècle).

La commune se fait remarquer, côté eau, par un magnifique lavoir du XIXe siècle.

A Brochon se trouve un château néo-Renaissance, assemblage d'Azay-le-Rideau, de Chenonceaux, de Blois et de Chambord. C’est aujourd'hui un lycée. Il fut construit par Stephen Liégeard. « Ce qu'il manque à la Bourgogne, disait-il, ce sont les châteaux de la Loire ».

Sous-préfet de Napoléon III et poète (il inspira Alphonse Daudet pour sa nouvelle "Le sous-préfet aux champs"), il inventa, en référence à la Côte d'Or, l'expression « Côte-d'Azur ».

A Gevrey-Chambertin, les Deux Chèvres constituent une étape de charme et de confort. On dînera de plats classiques bourguignons au Bistrot Lucien, au décor sympathique, avec des vins au verre très abordables.

Le dimanche, on apprend qu’à Gevrey-Chambertin l’archéologie a permis de découvrir les premières vignes gallo-romaines, qui datent du Ier siècle avant notre ère.

Nous découvrons le vieux Gevrey-Chambertin, ses sept grands crus, dont Chambertin, le seul vin que buvait Napoléon. Il en buvait, dit-on, une demi-bouteille, toujours de 5 à 6 ans d’âge, mais coupée d’eau…
Programmez quant à vous une agréable dégustation dans le village même, dans un hôtel particulier bâti en 1704 ; chez Gérard Quivy.

Pour terminer le week-end nous déjeunons chez l’incontournable et savoureux Guy. Que diriez-vous d’un râble de lapin français farci avec des pennes mijotées aux herbes fraiches et une sauce moutarde de Dijon ?

Partager sur VIADEO Partager sur VIADEO

Site par Neteor