Béziers, la saga du vin continue

Article du 27-02-2015

Dans un contexte de forte concurrence mondiale, le marketing territorial est devenu incontournable pour l’oenotourisme.

Les vignobles sont des produits culturels à forte valorisation économique, sous réserve de proposer un positionnement stratégique clair en termes d’image et de contenus.

Les vignobles de Béziers et de la Domitienne, qui font acte de candidature ce mois-ci au label Vignobles & Découvertes, ont choisi - en s’appuyant sur des historiens comme Monique Clavel-Levêque, Monique Bourin, Henri Barthès et Jean Sagnes – de renouer fièrement avec leur rôle historique plurimillénaire dans la saga du vin.

En effet, dès le VIème siècle avant notre ère la vigne est cultivée dans le Biterrois, et on sait que le vin s’exporte en amphores depuis d’immenses domaines jusqu’aux confins de l’Empire romain.

La culture de la vigne se poursuit à l’époque médiévale, jusqu’à connaître - comme au XIVème siècle - des périodes de surproduction.

Un abbé ampélographe

Le vignoble continue à se tourner vers l’export grâce à la création de Sète en 1666, et du Canal des Deux-Mers en 1681. L’eau-de-vie (le trois-six de Béziers) s’exporte jusqu’en Hollande.

C’est au Domaine de Beauséjour, près de Béziers, que l’abbé Rozier étudie la classification des cépages pour L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Le XIXème siècle est celui des inventions – mais elles n’ont pas cessé y compris de nos jours. La distillation se perfectionne. Le transport est révolutionné par le chemin de fer et le wagon-foudre.

Lorsque le phylloxéra arrive en France, il épargnera la région de Béziers jusqu’en 1878, et à cette date la solution de la replantation sur porte-greffes américains s’est déjà répandue.

Châteaux et coopératives

Ce décalage dans le temps a permis au vignoble biterrois de développer de manière pharamineuse sa production, et de satisfaire les besoins de consommation au moment où les autres vignobles ne pouvaient plus produire…
Cette situation de monopole, et la richesse qu’elle a créée, a eu de nombreuses conséquences bénéfiques ; économiques, culturelles, architecturales (les fameux mais méconnus « châteaux pinardiers ») et artistiques.

Les coopératives vont naître avec le siècle (cave de Maraussan en 1905) et se multiplier. L’omniprésence de la vigne rend critiques les problèmes qui affectent le vin – fraudes et surtout surproduction – et expliquent la violence d’un vaste mouvement de révolte des vignerons en 1907, dont les épisodes ont marqué durablement le Languedoc et le pays catalan.

Après la guerre de 14-18 qui absorbe la production, la crise des années 30 affectera encore la viticulture. Des Biterrois agiront profondément en faveur du vin, tels Edouard Barthe, « le député du vin », à l’origine de ce qui deviendra en 1936 un véritable « Code du vin », ou André Nougaret, fondateur de l’Association de Propagande pour le Vin.

Cette histoire immense a évidemment laissé de nombreux témoignages bien visibles encore aujourd’hui, qu’il est possible de visiter, de raconter, et de faire revivre en produits touristiques et en événements.

Un story-telling bien sûr accompagné des meilleurs vins locaux. L’oeno-culturel, ça se déguste.

Que d’anecdotes, de mystères, d’héritages ! Qui sait par exemple que grâce à Béziers, tous les véhicules à moteur de France ont roulé à l’alcool de betterave pendant l’entre-deux-guerres ?

Grâce aux patrimoines vitivinicoles, et à sa stratégie oenotouristique, la saga du vin se poursuit à Béziers.

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