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Oenotourisme jeune en Moselle

Article du 21-05-2014

 

Il est tout à fait utile de comprendre et de faire comprendre l'histoire des vignobles locaux et des raisons pour lesquelles ils ont failli disparaitre. La qualité intrinsèque des terroirs n’est quasiment jamais en cause…

La Moselle en est un bon exemple. Vignoble florissant à l’époque romaine, il comptait plus de 30.000 hectares au début du 19e siècle, mais périclite à partir de la seconde moitié du siècle.

Nous autres, vignobles, savons maintenant pourquoi nous sommes mortels

Il en a subi des coups durs !

Bien loin dans le temps ; l’émigration, celle des protestants après la Révocation de l’Edit de Nantes, puis celle qui fait suite à la Révolution.,

Au XIXème siècle, le phylloxéra, bien sûr, qui apparaît près de Metz en 1866. Mais aussi la concurrence des vins du midi transportée par le chemin de fer à partir de 1850.

L’industrialisation attirera ensuite les forces vives vers les usines sidérurgiques mais aussi les administrations, et l’urbanisation grignotera les surfaces viticoles.

Il y a aussi la rupture des débouchés allemands, et le désintérêt des Mosellans pour leurs vins, après le retour à la France de l'Alsace-Moselle en 1918.

Par ailleurs, la naissance de l’appellation Champagne en 1910, limitée au seul département de la Marne (puis à celui de l’Aube) s’accompagna de la fin des achats de vins sous pressoir par les vignobles champenois. A 200 km d'Epernay, les sols calcaires de Moselle font partie du Bassin Parisien ; les Pommery et les Roederer étaient installés à Metz, et, de 1892 à 1918, le Château de Vaux était une champagnerie élaborant du « sekt », effervescent allemand.

Au début des années 1980, il ne reste qu’une dizaine d'hectares de vignes cultivées dans le département, et aujourd’hui encore il suffit d’interroger les Mosellans pour mesurer leurs préjugés défavorables quant à leurs vins.

La renaissance

Voici qu’aujourd'hui le vignoble renaît, une dynamique impulsée par le conseil général.

On est encore loin de ses vignobles cousins, en aval, au Luxembourg et en Allemagne (Rhénanie-Palatinat et Sarre), qui sont imposants et actifs, notamment en matière d’oenotourisme.

Cependant, il n'a fallu que quelques années pour obtenir l'appellation « Moselle » en novembre 2010.

L’AOC - la plus septentrionale de France - concerne aujourd’hui 55 hectares sur 65, et l'objectif est de doubler la surface en AOC d'ici 2020. Ce ne sont encore que 300.000 bouteilles, mais la réputation commence à s’affirmer de vins modernes, d’une grande qualité, d’une belle finesse.

Il existe aujourd’hui deux routes des vins, tracées à partir de 2012 par le conseil général : « la Route des Vins du Pays messin » et « la Route des Trois Frontières » autour de Sierck-les-Bains, près du Luxembourg et de l'Allemagne.

Autre preuve de renouveau, la 1ère Fête des Vins de Moselle.

Elle a connu (en avril dernier) un grand succès qui a surpris ses organisateurs. 2 300 verres - dont le modèle a été choisi lors d’un "casting" - ont été vendus 5€ pièce à des visiteurs ravis de découvrir les 18 vignerons du département et de l’AOC.

C’est le petit (800 habitants) village viticole de Vaux qui recevait l’événement. Malheureusement, il n’avait pu remettre en état le petit conservatoire de vignes près de l’église et organiser une visite de ses patrimoines viticoles.

On s’arrachait notamment le Septentrion du Château de Vaux, le Pinot blanc et le Pinot Gris (Cuvée Hemerling) du Domaine Sontag à Contz-les-Bains, les Auxerrois - cépage blanc emblématique de la Moselle, dont il est originaire - du Domaine Somany ou de Jean-Marie Bouzendorffer, ou le Pinot Gris d'Eve Maurice (Domaine Les Béliers - photo ci-contre)…

L’année prochaine, notons-le, la Fête aura lieu à Sierck-les-Bains, au pays des Trois-Frontières.

A côté des vignerons, l'avenir lorrain peut aussi compter sur de jeunes recrues.

Thomas Vimbert, sommelier du restaurant étoilé « Le Magasin aux Vivres », qui prépare son concours de MOF ; Nicolas Serin, le caviste de « Carré d'Oc » à Talange.

Tout près de Metz, à Plappeville, c'est un combat tous azimuts pour la cause des vins sains que mène François Adam avec son restaurant-caviste « La Vigne Adam ». Il accueille régulièrement des vignerons et a organisé en novembre dernier le 1er salon « Plappevigne ».

Pour s'ouvrir à l'étranger, les viticulteurs mosellans, ainsi que leurs confrères des Côtes de Toul, peuvent aussi compter sur « Terroir Moselle », un groupement européen d'intérêt économique (GEIE) créé par la France, l'Allemagne et le Luxembourg. Objectif : promouvoir à l'international les vins de la vallée mosellane, avec notamment la participation commune de vignerons des trois pays à des salons viticoles.

Enfin, passé « champenois » oblige, un projet de Crémant de Moselle est en marche…

Le vin et la gastronomie

L’appui au tourisme gastronomique accompagne l’oenotourisme naissant.

Logique pour une région riche en produits de terroir, où Rabelais vécut entre 1545 et 1547 (à Metz) et écrivit le Quart Livre.

Et dans ce dispositif, l'artisan est le moteur, puisqu’en matière de gastronomie rien ne remplace un artisan.

On le comprend en rencontrant Mélanie qui a repris la Distillerie Maucourt en 2009, exploite 12 hectares de verger et produit environ 10.000 bouteilles de Mirabelle de Lorraine à Mareuil-Vezon, notamment la cuvée Cachet Or vieillie en fûts de frêne, un bois blanc qui ne colorera pas cette eau-de-vie d'appellation.

On le découvre aussi en entrant, au coeur de Metz, chez le boucher-charcutier Eric Humbert, ou chez l'authentique et perfectionniste Franck Fresson, MOF, un pâtissier qui travaille autant les textures que les goûts.

Et ce ne sont pas les produits gourmands qui manquent : mirabelles (qui ont leur fête en août à Metz), confitures, macarons, épices, cochonnailles… Le marché couvert de Metz est un endroit de choix pour les découvrir.

Les chartes de qualité gastronomiques se sont multipliées. « Mangeons mosellan » soutient la promotion des produits de terroir. « Les Tables de Rabelais » (à Metz), « La Moselle gourmande » ou « Les Cafés-terroir de Moselle » (qui proposent durant la saison estivale des assiettes vigneronnes) sélectionnent les restaurants.

Mettez vos papilles en ordre de marche : il n’existe pas moins de dix tables étoilées en Moselle, dont un 3 étoiles, L’Arnsbourg à Baerenthal.

 

 

Sites utiles

Enjoy Moselle www.enjoy-moselle.com
Mangeons mosellan www.cg57.fr
La Moselle gourmande www.moselle-tourisme.com
Les Cafés Terroir Moselle www.moselle.cci.fr/cafes-terroir

Bonnes tables

Très gastronomique (1 étoile Michelin) le restaurant de l’Hôtel La Citadelle, Le Magasin aux Vivres de l’hyper-actif Christophe Dufossé

Très accueillante, terroir et produits frais, l’Auberge du Lion d’Or de Francine et Daniel Joltz à Ancy-sur-Moselle (03 87 30 93 83)

Très riche en vins nature, la Vigne d’Adam

 

A lire : Histoire des vins de Moselle - Des origines à nos jours, Maxime Bucciarelli – Serge Domini Editeur, 2006.

Se procurer la Carte des Vins de Moselle : www.moselle-tourisme.com/manger/vins-de-moselle.htm

 

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