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Oenotourisme rouge en Provence

Article du 18-05-2015

La Provence est en passe de se noyer dans son vin rosé. 90 % des vins de Provence sont des rosés.

Un vin pâli, sur des levures sélectionnées aux arômes d'agrumes, dont le succès est né du rejet par les consommateurs des gros vins Parker, et dont l'avenir court le risque des boissons industrielles à base de vin style rosé-pamp.

Une tendance aujourd'hui bonne pour les trésoreries des vignerons, mais désastreuse pour l'identité des terroirs. Une tendance lourde (que faire ?) qui laisse de côté deux réalités menacées : il existe des rosés de garde ; la Provence est terre de rouges.

Sur le premier point on notera avec satisfaction que le Concours des vins de Provence à Saint-Tropez a créé une petite catégorie "rosés de garde". A suivre.

Sur le deuxième, on peut dire d'abord que deux appellations résistent pour le moment à l'envahisseur - Bandol (31 % de vins rouges) et les Coteaux-d'Aix-en-Provence (19 %).

On peut rappeler ensuite que l'association Rouge Provence réunit 30 vignerons désireux de démontrer que la Provence - la plus ancienne région viticole de France avec le Languedoc - est un grand pays de vins rouges.

Occasion était donnée de le vérifier ce week-end (16 et 17 mai) lors du grand moment oenogastronomique l'Envie Epicurieuse, qui réunissait sur la Vautubière et le plateau de Bèdes près de 200 amateurs.

L'Envie Epicurieuse réunissait autour des chefs d'Aix-en-Provence Olivier Scola (Ze Bistro) et Nicolas Monribot (Le Millefeuille) le sommelier Antoine Petrus et quatre domaines de Rouge Provence : Peter Fischer (Château Revelette), Christian Valensisi (Domaine Saint Bacchi), Pierre Michelland (Domaine La Réaltière), Bengt Sundstrom et Philippe Bru (Château Vignelaure).

Le samedi soir, une dégustation verticale de ces quatre domaines avait été organisée au Château Vignelaure avec les journalistes du Gault&Millau Eric Riewer et André Deyrieux.

Trente vins rouges de 1985 à 2012 ont délivré un bilan sans nuance.

Expressions claires des millésimes, rendu net des styles propres et des choix des vignerons tout au long de la verticale, cuvées exceptionnelles d'émotion.

Sur les différents sols de ce climat aux fortes amplitudes thermiques, mais frais et souvent tardif, au nord de la Sainte-Victoire, les syrahs bien surveillées, les carignans obstinément travaillés et les cabernets-sauvignons cueillis à juste maturité produisent en assemblage des chefs d'œuvre. Sur la durée, la fraîcheur valide les belles extractions, tisse une jolie trame à certaines aromatiques d'olive et de garrigue, et garde leur lisibilité aux effets millésime.

Rendez-nous le temps ! veut-on crier à la suite d'une telle dégustation.

Prière confirmée à table le lendemain lors d'un Château Revelette Rouge 1991 élaboré en... macération carbonique.

 

A lire aussi : De quoi la Vautubière est-elle le nom ?

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